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Connaissez-vous André Rieu ? Un néerlandais, musicien homme d’affaire accompli qui, Stradivarius en main, fait danser les petits vieux du monde entier sur un bouquet d’airs populaires, parfois de sa propre composition. Ses concerts ? Du grand spectacle avec lumières et costumes que le public, peu éduqué, savoure les yeux écarquillés en ayant l’impression d’avoir à faire à un véritable récital ou concert de musique classique, de Sao Paulo à Melbourne en passant par Paris.

Le portrait-type d’un de ses aficionados, en France tout du moins ? Soixante-dix ans, assis dans un fauteuil de relaxation avec commande électrique, vêtu d’un tricot grossier en acrylique de chez Damart ou L’Homme moderne tout en regardant Des racines et des ailes ou en lisant les numéros spéciaux « Histoire » du Point ou de L’Express. Et ils en redemandent !

André Rieu est un imposteur qui joue sur le vulgaire et l’émotion la plus primaire pour essayer de plaire au plus grand nombre, mais réussit à n’être que trivial. Il est à la musique ce que Marc Levy ou Bernard Werber sont à la littérature, les « blockbusters » au cinéma, TF1 et M6 à la culture ou McDonald’s à la gastronomie. Les « créations » de cet « artiste » ont bien moins pour but de rendre la musique classique accessible à tous que de s’en mettre plein les poches. De toutes façons, à quoi bon y donner accès au plus grand nombre si cela se fait sous une forme complètement dégradée ? Ce genre n’a pas à se rabaisser ni à se parer de colifichets pour être fascinant, qu’on se le dise. Encore faut-il que le grand public fasse l’effort de s’y intéresser.