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Nous somme au début de l’année 1809 et Beethoven entreprend la composition de son cinquième et dernier concerto, considéré par certains comme le plus beau que le Maître ait composé. Surnommé « L’Empereur« , l’œuvre n’a rien à voir avec l’admiration passée du musicien pour le général Bonaparte. Non. En 1809, le héros républicain est depuis longtemps devenu l’Ogre despote qui inquiète l’Europe. Il a déçu Beethoven depuis qu’il s’est auto-couronné Empereur des Français. Signe évident de ce désamour, le musicien renomme en 1804 sa « Symphonie Bonaparte » en « Héroïque« . La composition n’est alors plus à la gloire d’un homme mais à celle d’une Humanité dont le destin frappe furieusement à sa porte, à l’instar du premier mouvement de la Cinquième Symphonie.

Forcément, « L’Empereur » n’est pas le petit caporal. C’est contre toute attente le propre concerto du musicien qu’il destine à dominer tous les autres, du moins les siens. « Une cathédrale du concerto pour piano« , écrit même Bernard Fauconnier dans sa biographie du compositeur. C’est un « chant de victoire pour le combat« , note le compositeur en marge de sa partition. Belliqueux, Beethoven? Peut-être au sens propre, Vienne étant menacée par les troupes françaises, le patriotisme secouant la capitale au son de l’Hymne nationale composé par Hayden. Très sûrement au sens figuré, connaissant la fougue du Maître en ce qui concerne la liberté et l’élévation spirituelle de l’Homme. De ce point de vue, « L’Empereur » est un combat pacifiste et Prométhéen. Comment ne pas se sentir grandi à son écoute ?

Je vous souhaite une excellente fin de semaine.