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L’idée d’écrire une messe grandiose, « non pas un cérémonial liturgique, mais un langage spirituel, hymne au Créateur excédant largement le discours religieux » , trotte dans l’esprit de Beethoven depuis 1814, note Bernard Fauconnier dans sa biographie du musicien. Il faudra attendre mars 1819 pour qu’il propose à l’archiduc Rodolphe de composer une telle messe pour son intronisation en tant qu’archevêque d’Olmütz, un an plus tard. C’est ce qui deviendra la Missa solemnis mais que le maître n’arrivera à terminer qu’à la fin de l’année 1822.

Ce sera une messe déiste, inscrite dans la philosophie des Lumières : Ludwig van Beethoven « veut mettre l’accent sur un idéal spirituel essentiellement humain : l’humanité parvenant elle-même à un haut degré de spiritualité trouve elle-même le chemin de son salut » . Une œuvre qui apparaît évidemment blasphématoire pour l’époque, d’autant plus qu’il essaie de faire donner sa messe hors des Églises.

La Missa solemnis est une « messe pour l’humanité plus que pour Dieu » , à la fois sacrée et profane. Beethoven se voit en Prométhée moderne. Arrogant et prétentieux jugeront certains, brillant et précurseur diront d’autres. A t-il réussi à atteindre son but ? Il sera en tout cas arrivé à amener la joie à l’Homme, quelques années plus tard, avec sa grandiose Neuvième Symphonie.

Excellente fin de semaine à vous.