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Chers lecteurs,

Le Paradigme de l’Élégance se fait pour la deuxième fois l’hôte de Pierre De Bonneuil après son article sur Paul Poiret et les débuts de Monsieur Magazine. Cette fois, il s’est attaché à dépeindre la vie de l’artiste Bernard Boutet de Monvel : un homme qui, tout comme le précédent, a marqué les esthètes de son temps.

Bonne lecture !

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Né le 9 aout 1881, Bernard Boutet de Monvel grandit entre Paris et Nemours. Il se destina à devenir un peintre dès l’âge de 16 ans. Elève de Luc-Olivier Merson (1822 – 1867) et Jean Dampt (1854 –  1946).

Il fit aussi la connaissance de Louis Mc Clellan Potter (1873 – 1912), un artiste américain qui l’initia à l’eau-forte. Cette technique redécouverte depuis 1898 deviendra la suprématie du Français. Ses premières œuvres se présentaient dans un format prestigieux. Elles traitèrent essentiellement des dandys : Le Beau (1906), Le Lion (1907), Les Hortensias (1911).

Bernard Boutet de Monvel avait aussi une affection pour la peinture à l’huile. En 1903, il exposa un portrait à la Société Nationale des Beaux-Arts. Ses méfaits éblouissent quelques salons de l’époque :  Des Indépendants, de l’Automne … Maître incontesté d’atmosphères colorées et cernées d’ombres, un certain pointillisme s’éleva après un voyage d’étude à Florence. Quelques années plus tard, son pinceau lui vaut une reconnaissance de ses pairs et un fauteuil en tant que Sociétaire.

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La règle et le compas sont les outils indispensables dans la confection. L’exemple le plus judicieux est son tableau manifeste : Esquisse pour un Portrait. Sa vision est précise et elle se défendra des critiques. La galerie Devambez l’honore et couvre de prestige le peintre précurseur des fondements de  l’art déco.

En 1911, il rencontra Lucien Vogel lors d’un vernissage de ses œuvres à la galerie Henri Barbazanges. Celui-ci l’invita à orner les pages de la Gazette du Bon Ton dont le premier numéro parait à la Librairie centrale des beaux-arts en novembre 1912. Pierre Brissaud, Georges Lepape, Charles Martin, George Barbier sont ses confrères. Cette même année, il devient également collaborateur du Journal des Dames et des Modes, que reprennent Paul Poiret et Tommaso Antogini.

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En 1914, la guerre éclate et mène Bernard Boutet de Monvel à obtenir la légion d’honneur pour un haut fait d’arme. Un important album sur cette période ne sera jamais publié. Un an et demi avant la fin de cette première guerre, il s’installa au Maroc. Sa créativité fut féconde. Il réalisa des bas-reliefs, des toiles magistrales imprégnées d’un orientalisme respectueux.

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Lorsque Bernard Boutet de Monvel rentre à Paris, Jacques Hébertot fait appel à sa préciosité pour illustrer quelques numéros de Monsieur. Il disposa de celui-ci pour accentuer le chauvinisme de la revue. En effet, Paul Poiret, le signataire de cette même revue, lui attribua un rôle important et confia quelques rubriques à son frère Roger Boutet de Monvel.

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1926 est l’année de son premier voyage aux États-Unis car une rétrospective de son travail artistique est représentée. Il s’y rendra chaque année en se faisant de plus en plus de contacts mondains. Ses modèles ont alors pour nom Frick, du Pont, Astor, Payne-Whitney, Vanderbilt…

Une partie méconnue de l’œuvre de Bernard Boutet de Monvel est cette fascination pour l’architecture. Il la retrouve en découvrant ce pays. Elle aura une place prépondérante dans sa peinture et elle étonnera par son image industrielle et déshumanisée.

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Dans les années 1930, il se fait construire à Palm Beach par Maurice Fatio une demeure. La Folie Monvel est un octogone. Une édification au sommet de la seule colline de la ville. De multiples vues ornent l’ingéniosité du distingué peintre : un terrain de golf, la mer…

Le mobilier est en rotin naturel recouvert de violet et les murs sont couverts de bois de cyprès naturel.

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Bernard Boutet de Monvel fait souvent l’aller-retour entre Paris et les États-Unis. L’avion qu’il prend le 28 Octobre 1949 le laissera sans vie. On nommera cette accident : le crash des Açores. Marcel Cerdan et Ginette Neveu sont partis avec lui.

Pierre De Bonneuil.