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Les fêtes de fin d’année font figure d’institution en France. Elles trouvent leurs origines dans les célébrations entourant Noël, fête Chrétienne commémorant la naissance de Jésus de Nazareth, mais se sont depuis plusieurs décennies répandues à travers le pays pour devenir plus largement une réjouissance profane, intégrée dans les pratiques culturelles des athées ou des agnostiques, et parfois même dans celles d’autres religions. Qu’elles soient vécues de manière profane ou sacrée, les fêtes sont un moment privilégié pour se rassembler en famille et entre proches.

Ces festivités sont marquées par le partage et le repos, faisant office de parenthèse bienvenue en ces temps où travail et productivité sont devenus des maîtres-mots. Un des principaux aspects de ce délassement est, bien entendu, la gastronomie. Un plaisir simple qui aide à tenir tête à la vulgarité et à la vacuité montantes. Voici un petit florilège des plats et breuvages, certains typiques de Noël, d’autres plus passe-partout, afin de vous donner quelques idées de recettes à préparer, de mets à déguster ou de boissons à siroter, pour vous ou vos proches :

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Lait de poule

Le lait de poule : un classique outre Atlantique, que ce soit au Canada ou aux États-Unis. Il est encore consommé sur le vieux continent, quoique de manière marginale. A base de jaune d’œuf, de sucre, de lait, parfois de crème, il tire toute sa saveur des épices -cannelle, vanille bourbon, noix de muscade, clou de girofle, gingembre…- et d’un spiritueux -principalement du rhum blanc ou ambré, parfois du cognac, whisky, armagnac…-  qui viennent l’agrémenter. C’est une boisson chaude à déguster et partager à toute heure de la journée. Dans la même veine, le grog, à boire chaud également. Il s’agit d’eau claire agrémentée de jus de citron frais, de sucre, de miel et de rhum, blanc ou ambré. Parfait pour les maux de gorge ! Attention toutefois à ne pas donner sens à l’expression consacrée : devenir groggy.

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Les thés de Noël. Sous cette appellation générique utilisée par de nombreux producteurs et importateurs de thé se cache en réalité une composition bien souvent commune. Il s’agit d’un thé noir parfumé à l’orange et aux épices. Ces dernières sont assez similaires à celles utilisées pour le lait de poule, la noix de muscade et le gingembre en moins. Les meilleurs thés de Noël sont ceux qui, outre la qualité du thé, utilisent de véritables écorces d’orange et de nombreuses épices, et non pas un arôme synthétique. A boire avec des scones frais, de la confiture de fraise et de la clotted cream à l’heure du thé.

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Passons à présent au repas en lui-même, et plus particulièrement aux plats de résistance :

Boeuf en croute

Le rôti de bœuf en croute : un plat plutôt commun mais qui, agrémenté d’asperges et de champignons de Paris et de giroles, et cuisiné avec soin pour que la viande reste tendre et rosée, devient très vite un délice.

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Chapon et marrons

Le chapon. Le chapon est un coq castré généralement cuisiné pour le Réveillon, tout comme la dinde d’ailleurs. Si la cuisson de toute viande est délicate, celle-ci est particulièrement périlleuse. La parade consiste à napper la volaille de jus de cuisson lorsque celle-ci rôtit afin d’éviter que la chair ne se dessèche. Ces deux gallinacés sont généralement inséparables d’une fournée de marrons entiers, en morceaux ou en purée. Dans tous les cas, c’est un régal !

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Outre ces viandes provenant d’animaux domestiques, le gibier constitue également un plat de choix. Ce dernier ne prend réellement toute sa saveur que lorsqu’il est dégusté dans un lieu qui sied à sa majesté : dans la salle à manger d’un manoir de campagne, cheminée allumée, trophées de chasse aux murs, boiseries.

Pigeon

Le pigeon, tout d’abord. A la différence de son cousin des villes se nourrissant principalement de pommes frites jonchant les alentours des restaurants gastronomiques McDonald’s, puis canardant de fientes les pares-brise, le pigeon des champs (parfois élevé et logé dans une volière) est réellement sauvage. Sa chair est un délice. La caille constitue également un met de choix.

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Faisan rôti

Le faisan, tout comme les deux volatiles précédemment mentionnés, est de même très savoureux. Idée de recette pour ces trois gibiers volants : une sauce aux raisins secs rehaussée d’une goutte de rhum brun, le tout accompagnée d’une purée de céleri.

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Passons à présent aux gibiers terrestres.

Sanglier

Le sanglier. Obélix, le plus grand amateur de ce porc sauvage, ne s’y est pas trompé : « Quand l’appétit va tout va ; Vive les quenottes qui croquent et grignotent« . Très filandreuse, sa viande est également très parfumée, et peut donc se passer de sauce. Si cette dernière vous tient à cœur, un coulis aux champignons (morilles, cèpes…) ou une préparation en daube, avec carottes en dé et vin rouge, sont d’excellentes solutions.

    Chevreuil sauce airelles

Le chevreuil. La noblesse de cet animal égale la saveur de sa viande, à condition de la laisser mariner un voire deux jours, puis d’arrêter la cuisson une fois que la chair est rosée. La sauce aux airelles, désignant généralement, en réalité, le baies de canneberge et airelle rouge, se marient particulièrement bien avec ce gibier-ci. Si le sucré-salé est réellement de votre goût, vous pouvez accompagner votre viande de compote de pomme, de poires, le tout rehaussé de cannelle.

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Passons à présent aux desserts.

Christmas pudding

Tout comme le lait de poule -egg nog-, le pudding de Noël -Christmas pudding- est un symbole des festivités de fin d’année dans le monde anglo-saxon. Ce gâteau reste toutefois l’apanage des britanniques. Il n’existe pas une recette unique pour ce pudding. De nombreuses familles possèdent la leur et la transmettent précieusement de génération en génération, ce qui fait l’objet d’une grande fierté. A base de fruits secs ou frais (raisins, myrtilles, orange, citron, pommes), la pâte est ensuite arrosée de brandy (cognac, armagnac) ou de rhum, puis enroulée dans un linge et laissée à fermenter pendant des mois, afin de donner naissance à de nombreuses saveurs. Puis, quelques jours avant le repas, la pâte est mise à cuire au four une vingtaine d’heures durant. Le pudding, ayant désormais la forme d’un dôme, est enfin arrosé d’alcool et flambé. N’oubliez pas de le garnir d’une branche de houx !

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Treize desserts

Les treize desserts sont bien connus des provençaux car sont traditionnellement servis à la suite du « gros souper ». Ce folklore culinaire implique le service de fruits secs -noix, dattes, raisins secs, pruneaux, dattes…-, calissons (d’Aix en Provence), pattes de fruit, pompe à huile (sorte de fougasse sucrée à l’huile d’olive et à la fleur d’oranger)… De nombreux mets auxquels il est fort difficile de goûter entièrement, surtout suite à un plat de résistance copieux !

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Gingerbread

Que seraient les fêtes de fin d’année sans le traditionnel pain d’épices Alsacien ? L’on y retrouve les épices qui parfument le lait de poule ou le thé de Noël : cannelle, clou de girofle, gingembre, orange, vanille. Voilà de quoi ravir vos palais ! Attention toutefois à ne pas grignoter les maisons en pain d’épices des inconnus. Vous connaissez le destin d’Hansel et Gretel.

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Pour finir, certains whiskies semblent également convenir tout particulièrement aux périodes festives de fin d’année, tout comme aux froides journées qui se succèdent. Ceux-ci sont ceux qui possèdent un arôme tourbé, du fait de la méthode de séchage des grains à la tourbe. Riches, complexes et sombres, ils semblent avoir été pensés pour convenir à une soirée d’hiver. Le Lagavulin 16 ans, le Talisker 10 ans, le Caol Ila 12 ans ou le Laphroaig 10 ans sont des exemples assez abordables et agréables de Single Malts écossais de cette nature aromatique.

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Je vous souhaite d’excellentes dégustations ainsi que de très bonnes fêtes. LPDE ferme par ailleurs ses portes pour quelques jours et sera de retour le mercredi 2 janvier.

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