Étiquettes

, , , ,

_

Cette semaine, c’est la célébrissime et ô combien grandiose Symphonie N°2, aussi surnommée Résurrection, de Gustav Mahler, qui est à l’honneur. C’est le chef d’orchestre Mariss Jansons qui dirige ici l’Orchestre Royal du Concertgebouw d’Amsterdam, dont il est le directeur musical.

La Symphonie N°2 fut écrite entre 1888 et 1894 avec un style Romantique tardif. A ce titre, elle explore les méandres du sentiment Humain en décrivant la vie après la mort. C’est une Symphonie qui rappelle la Neuvième de Beethoven, car toutes deux ont l’originalité de s’articuler autour d’un chœur, présent dans le dernier mouvement (quatrième mouvement pour Beethoven, et cinquième pour Mahler). Mahler était non seulement un talentueux compositeur, mais aussi un chef d’orchestre émérite et expérimenté. Cela lui a permis de léguer à la postérité ses notes sur la manière d’interpréter et conduire ses œuvres.

L’autre aspect important de cette deuxième Symphonie est d’avoir été imaginée pour créer un « monde à part entière » (« A world of its own« , pour reprendre les mots du chef d’orchestre britannique Simon Rattle). Elle pourrait être l’illustration de l’épopée de l’âme après la mort, ou de sa pesée, selon les croyances d’Égypte ancienne. Le premier mouvement est vif, incisif et entêtant, tour à tour sombre et léger. Une pause de cinq minutes entre le premier et le second mouvement fut décidée par Mahler lors de l’écriture de la Symphonie. Ce vœux est toutefois peu respecté de nos jours. Le second mouvement est doux et charmant. Il s’inspire du Ländler, une musique traditionnelle autrichienne. Le troisième, quant à lui, apporte un peu de délire et de démence, avec un air séduisant et hypnotique. La quatrième mouvement arrive ensuite, est sert d’introduction au cinquième est dernier. Celui-ci est magnifique et presque solennel, mû par l’espoir d’une Résurrection, mais peut-être aussi d’une acceptation de la mort, et donc d’un apaisement.

Le travail de Mariss Jansons sur cette représentation est exceptionnel. Sa passion se lit sur son visage, et c’est un régal que de le regarder diriger avec tant d’ardeur les musiciens du Concertgebouw. Regardez ses expressions : il vit la musique qu’il fait produire, et sa proximité bienveillante avec les concertistes est touchante. C’est un grand homme qui inspire le respect.

Passez un très bon week-end.

Advertisements