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Crédit : BBC

Cette semaine, c’est le Prince Charles qui est à l’honneur. Sa constance est une véritable inspiration. L’Héritier présomptif se vêt toujours, en effet, avec goût et discrétion. Certaines caractéristiques de ses mises sont récurrentes et d’autres pratiquement invariables, à tel point qu’il est aisé de parler d’un « style Prince Charles » intemporel.

Le monarque porte ainsi des costumes de ville croisés en deux fois trois boutons, à chalk stripes (comme ci-dessus), rayures tissées, ou uni, en presque toutes circonstances -sauf, bien entendu, pour les offices de mariage, ou pour le Royal Ascot. L’œil averti aura également remarqué que le Prince ferme toujours le bouton du bas. Curieuse habitude, me direz-vous, puisqu’il va à l’encontre de la très célèbre règle sartoriale qui a pour origine…son aïeul, Edward VII. Est-ce par simple volonté de distinguer sa mise en montrant sa maîtrise des codes ? Ou bien veut-il signifier qu’il n’y a que les sujets du Roi qui avaient jadis suivi cette coutume, et qu’en tant que membre de la famille Royale, il n’a pas à la suivre ? Je l’ignore, et il serait extrêmement intéressant d’interroger l’intéressé. Pensez à lui poser la question si vous le croisez à Buckingham ou Balmoral ! Notons également que la construction de ses costumes, avec des épaules structurées et assez de padding, dénote une origine anglaise. La plupart, sinon la totalité, proviennent de chez Anderson & Sheppard si je ne m’abuse ; et certains ont parfois des épaules si prononcées qu’ils semblent avoir été taillés par Huntsman.

Autre caractéristique phare des mises du Prince : ses chemises. Les cols sont toujours les mêmes et ne ressemblent peu aux standards de la chemise. Malgré cela, et paradoxalement, le col reste toujours très discret. Ce dernier semble emprunter sa forme au napolitain, et ses proportions à l’italien. Le Prince Charles y noue presque exclusivement des cravates club (il s’agit très sûrement de clubs ou régiments auxquels il appartient), avec un nœud toujours très fin qui est sûrement imputable à la qualité et à la finesse de la soie et de la doublure de ses régates. Notons également que les accords entre motifs sont toujours réussis haut la main, entre ceux du costume de ville, la chemise, la cravate ou autre.

Deux derniers détails, enfin : l’invariable présence d’une pochette de soie imprimée qui revigore la mise, et celle d’une fleur, très sûrement un œillet, à la boutonnière. Cette dernière pratique a beaucoup de charme, mais est hélas tombée en désuétude. Elle fera l’objet d’une future Inspiration !

Je vous souhaite un excellent week-end.

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