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Chers lecteurs,

Pierre De Bonneuil, grand connaisseur du magazine Monsieur sur la période des années 1920 ainsi que de son créateur Paul Poiret, m’a contacté il y a quelques temps afin de savoir si je pouvais publier une de ses contributions à ce sujet. J’ai accepté avec plaisir, car j’y ai vu une opportunité de continuer à faire du Paradigme de l’Elegance un lieu dédié à la culture et à l’élégance en relayant des sujets à leur propos, qu’ils soient écrits par moi ou par d’autres. Il s’agit en l’occurrence de pouvoir découvrir l’Histoire de Monsieur Magazine, qui n’est autre que le même magazine que celui décrit dans cet article, et surtout celle de son créateur, qui marqua son temps.

Je vous laisse découvrir le texte de M. De Bonneuil, ainsi qu’une aquarelle de son cru. Très bonne lecture !

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Paul Poiret, par Pierre De Bonneuil

Paul Poiret naît à Paris en 1879 dans une famille dont le drapé se confondait entre la valorisation marchande et le choix méticuleux. Son enfance etait géniale. Il avait une imagination débordante. Il créa des constructions miraculeuses ou bien touché par l’éclat des fleurs qui abondaient dans les plates-bandes de sa grand-mère, au bord des terrasses et sur les pelouses, il cherchait à créer des encres ou des couleurs. Dès l’âge de 17 ans, il notait dans son carnet : L’art, c’est de paraître sans art.

Le jeune homme cultivait un songe savoureux, celui de briller et de se faire le plus magnifique des couturiers. Pour cela, il présentait à certains de ses clients de la rue de la paix ses dessins. Il commença une époustouflante ascension en se liant à Jacques Doucet. En son temps, il arriva à se faire une place en assumant une responsabilité en cette maison prestigieuse. L’influence du Maître Doucet est absolutiste. Il travaillait ensuite dans la maison Worth qu’il quitta pour fonder sa propre maison en 1903.

Son talent était imprégné d’un profond respect envers la légèreté et l’innovation salvatrice. Il a anticipé le geste de la femme en escamotant les corsets. Il concrétisa des modèles souples avec des tissus voluptueux. Cocteau écrivit des mots fameux à son égard : Les duchesses sont prêtes pour que Paul Poiret les habille, les déshabille et les costume.

Outre cette ingéniosité, il a apposé une marque noble sur d’autres représentations : décorations d’intérieur, parfums, costumes de théâtre portés entre autres par Sarah Bernhardt ou Isadora Duncan.

Scandaleux, sa figure dominait la mode de son époque. Il signa aussi une revue des élégances, des bonnes manières … et de tout ce qui intéresse Monsieur !

Avant la concrétisation de cette édition apparente, il avait réfléchi à un nom plus hermétique : Le Dandy. C’était en 1919. Sa rencontre avec Jacques Hébertot quelques années plus tard fut concluante … Il trouva son éditeur et un cercle d’élégants à la hauteur de ses prétentions. Poiret le Magnifique se détacha du commun des mortels tout en valorisant ce qu’il y avait de plus vivant en eux. Un paradoxe qui s’affirma en mourant ruiné au milieu de ses toiles poussiéreuses.

Pierre De Bonneuil

www.pierredebonneuil.fr, ou sur le réseau social Facebook.

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