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Cette semaine, et depuis le temps que celui-ci est cité sur ce blog, c’est l’ameublement de style Chesterfield qui est à l’honneur.

Le Chesterfield est originaire de la ville éponyme, située dans les Midlands, au nord-est du Derbyshire. Philip Stanhope (1694-1773), quatrième Comte de la ville et grand lettré de son temps, passe pour être le premier à avoir imaginé, puis commandé, un ameublement de ce style. S’il a été inventé au XVIIIème siècle, c’est véritablement au XIXème que ce dernier prendra son essor. A la fois cause et effet de cet engouement, le choix de banquettes Chesterfield pour meubler la chambre des Lords (cuir de couleur bordeaux) nouvellement reconstruite, suite à sa destruction par un incendie, en 1834. Celle des Commons, également ravagée par les flammes, se voit également doté de banquettes de cuir, mais celui-ci n’est pas capitonné, et est couleur verte, entre le verte sapin et le sauge, dite Parliament green, plus claire que le vert anglais.

House of Lords

Le Chesterfield fut l’un des symboles de la Haute Société Londonienne durant les périodes Victorienne et Edwardienne. Outre le Parlement, il était également brillamment représenté dans les Clubs privés de la capitale et d’ailleurs.

A propos du style, y a t-il un modèle type du Chesterfield ? Pas vraiment. Sa caractéristique la plus emblématique, le capitonnage du cuir, est elle-même soumise à variations. En effet, si le dossier et les accoudoirs -qui ne sont généralement qu’une seule et même pièce- sont entièrement capitonnés, l’assise ou la base ne le sont pas forcément. Il est ainsi possible de s’assoir sur des coussins amovibles en cuir lisse. Autres caractéristiques clef : la passementerie en clous de tapissier, ainsi que l’enroulement des accoudoirs.

Historiquement, le Chesterfield a beaucoup évolué. Sous le règne de Victoria, il s’incarne sous la forme de banquettes aux accoudoirs tronqués et fin, dossier arrondi, chaises-longues et bergère à oreilles. Puis, vers la fin du XIXème siècle, sous Edward VII puis George V, il s’alourdit, perd ses arabesques. Ses formes sont plus rectilignes et franches, plus pataudes aussi ; la base s’abaisse pour presque toucher le sol, ce qui élimine de fait les pieds sculptés au profit d’autres plus trapus. C’est ce style qu’évoque aujourd’hui le mot Chesterfield dans l’imaginaire collectif.

Banquette Chesterfield de style Victorien – Source : http://chesterfieldfrance.com/.

Illustration aquarelle et plume de Sidney Paget – Bien que l’action se déroule à la fin du XIXème siècle, la banquette de Holmes est de style Victorien

Bergère à oreilles de style Victorien – Source : http://www.britishdeco.com/

© Le Paradigme de l’Elegance – Canapé de style Edwardien, avec repose-pieds

© Le Paradigme de l’Elegance – Détails du pied et de la passementerie

© Le Paradigme de l’Elegance – Détails du capitonage

Le mobilier Chesterfield contribue à créer un environnement propice à la détente. Vêtu d’un cardigan à cinq heures pour le thé avec quelques amis, servi sur un plateau d’argent avec quelques scones, madeleines, marmelade et crème ; emmitouflé dans une robe de chambre en drap de laine, le soir, seul, bien assis dans le fauteuil, les jambes sur le repose-pieds, avec un livre, un whisky servi grâce à une carafe dissimulée dans une pile de livre, un air de piano -disons Chopin ou Liszt- et, pour les fumeurs, un cigare ou une pipe. Magnifique !

Très bon week-end à vous.

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