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Cette semaine, je vous propose de découvrir le troisième mouvement d’Harold en Italie d’Hector Berlioz, dirigé par Sir Colin Davis et joué par le London Symphonic Orchestra, à la suite de mon billet traitant du premier mouvement, intitulé Harold aux Montagnes.

Nous retrouvons le personnage principal, Harold, ce rêveur mélancolique emprunté à Lord Byron. Suite à ses aventures musicalement narrées lors du premier mouvement durant lequel il arpentait les paysages des Abruzzes au crépuscule, il prend ensuite part à une Marche de pèlerins chantant la prière du soir lors du second. A la suite de cela, il croise à la nuit tombée et au détour d’un chemin un montagnard qui dédie une chanson à sa bien-aimée. C’est le troisième mouvement, la Sérénade d’un montagnard des Abruzzes à sa maîtresse, douce, tendre et malicieuse. Elle est également, grâce à une savante alternance de rythme et de tonalité, à la fois mélancolique lorsque le montagnard se languit de sa promise, et gaie lorsqu’il s’imagine leurs futures retrouvailles.

Les aventures d’Harold que Berlioz narre par ses compositions ont également en partie été siennes. Entre 1827 et 1829, le compositeur concourt par trois fois pour le prix de Rome, sans succès. Mais surtout, comme le note le musicologue Christian Wasselin dans la préface d’Harold en Italie par les musiciens du Louvre-Grenoble, « il a passé des semaines délicieuses à sillonner l’Italie sauvage, sa guitare dans une main, son fusil dans l’autre, à jouir de la compagnie des brigands et des musiciens ambulants -les pifferari-, à retrouver les processions de paysans qui avaient marqué son enfance dans le Dauphiné, à découvrir avec émoi le Vésuve ou le tombeau de Virgile au mont Pausilippe« . Hector Berlioz fut donc lui-même un héros Romantique, seul face à son destin avec comme toile de fond un paysage grandiose, sauvage et parsemé de ruines. Lorsque Berlioz faisait jouer Harold en Italie, le public y voyait le personnage éponyme ; ce n’était pas le cas du compositeur qui se voyait lui-même à la place d’Harold. Il revivait en effet avec nostalgie ses aventures italiennes passées grâce à l’admirable madeleine de Proust qu’il s’est composée.

Avant de vous quitter, j’aimerais vous annoncer avec grande fierté que ce billet porte à cent le nombre de publications sur Le Paradigme de l’Élégance ! J’en profite donc pour vous remercier d’être chaque jour plus nombreux à me lire.

Je vous souhaite un excellent week-end.

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