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Cette semaine, voici une composition d’Hector Berlioz (1834) et dirigée  qui est le premier mouvement d’une Symphonie qui en comporte quatre et porte le nom d’Harold en Italie. Il est ici joué par le London Symphony Orchestra sous l’égide de Sir Colin Davis, et s’intitule Harold aux montagnes. Harold en Italie est inspiré d’un voyage effectué dans les Abruzzes par Berlioz. Contrairement à la Symphonie Fantastique, composée quatre ans plus tôt, les airs sont ici calmes et reposés. Point de tension. C’est dans ce cadre de montagnes italiennes qu’il met en scène Harold, un personnage qu’il qualifie dans ses mémoires de « rêveur mélancolique » et dont le roman Childe Harold’s Pilgrimage de Lord Byron l’inspirera à la fois pour le nom du héros, mais aussi pour sa psyché.

Le genre de la Symphonie est éminemment romantique, comme toujours avec Berlioz. Les mélodies sont moroses et mélancoliques, comme pour illustrer un paysage rocailleux au crépuscule. Puis viennent les cuivres dont le caractère solennel semble honorer la magnificence des sommets les plus élevés ; de plus, l’on est ici presque dans le registre de la musique militaire, le son des cors d’harmonie me rappelant à titre personnel les marches de chasseurs Alpins que j’écoutais avec mes grands-parents lorsque j’étais enfant. Le dernier tiers du mouvement, quant à lui, est bien plus serein : la douceur des violons rehaussée par des notes de harpe charment l’auditeur. Harold semble apercevoir au loin une lueur salvatrice, annonciatrice d’une auberge.

Voilà une composition qui sonne comme un tableau de Géricault : vaste paysage rural parsemé de ruines, un fleuve, et, bien entendu, une poignée de voyageurs écrasés par l’immensité du décor, caractéristique typique du Romantisme.

Théodore Géricault – Paysage au tombeau

Ce tableau est d’ailleurs exposé au sous-sol du Petit Palais. Si vous habitez à Paris, courrez-y, l’œuvre est fascinante (comme la plupart de celles qui s’y trouvent, d’ailleurs, notamment si vous êtes friand d’Impressionnisme ou de Romantisme ; et les toiles Naturalistes y sont intéressantes).

Je vous présenterai une autre fois le troisième mouvement d’Harold en Italie, Sérénade d’un montagnard des Abruzzes à sa maîtresse, qui n’est pas sans rappeler le premier mouvement de la sixième Symphonie de Beethoven, qui avait fait l’objet d’une précédente inspiration.

Puisse votre week-end être mélodieux.

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