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Cette semaine, c’est le premier mouvement de la sixième Symphonie -aussi connue sous le nom de Pastorale-, composée par Ludwig Van Beethoven et ici jouée par un orchestre dirigé par Herbert Von Karajan, qui est à l’honneur. Le terme ‘Pastorale’ ne fait pas référence, comme on peut s’y attendre en le lisant, à la vie des bergers, mais à la campagne, et plus généralement à la Nature. Ce premier mouvement est intitulé Éveil d’impressions agréables en arrivant à la campagne, et porte bien son nom.

Le mouvement commence par une timide et douce ouverture de la part des violons, tel l’aurore qui s’annonce au petit matin à l’orée du bois. On a presque le sentiment d’assister à une renaissance, comme si ce premier mouvement était également destiné à illustrer l’éveil du printemps. Puis, les violons s’intensifient en restant toutefois amples et paisibles, et sont bientôt rejoints par deux flûtes illustrant le chant d’oiseaux, ici et là, créant une atmosphère agréablement bucolique. Ils montent ensuite régulièrement dans les aigus, comme si le voyageur prenait d’un seul coup pleinement conscience de la magnificence de l’œuvre de mère Nature, sculptée çà et là par l’homme : un bois où l’on aperçoit des faisans, un chemin, un près sur lequel gambadent quelques lapins, quelques haies, un manoir au gazon verdoyant, et, au loin, un clocher perçant les verts feuillages d’un bosquet. La suite du mouvement se voit reproduire la même mélodie sans qu’elle ne soit lassante pour autant, faisant peut-être par là référence à l’harmonie qui caractérise généralement les paysages de campagne, ou au cycle des saisons.

© Le Paradigme de l’Elegance

Ce morceau, que je trouve fabuleux, rend évidemment hommage à la campagne. Il la glorifie, la révère, l’exalte. Il rayonne de joie et de sérénité, et c’est un vrai bonheur que de se laisser bercer par ces notes. Ce premier mouvement donne la même sensation de plénitude que des rayons de soleil caressant un visage au petit matin. Composée en 1808, la sixième Symphonie illustre la vision du monde rural de l’époque par Beethoven. Cette vision est idyllique, voire utopique, et fait penser à l’Arcadie perdue décrite par Virgile. Mais qu’importe ! L’allégresse et la poésie sont précieuses dans un monde qui en est dépourvu.

Et in Arcadia ego – Nicolas Poussin, 1638

La plus belle des promenades est celle où l’on sifflote ce premier mouvement de la Symphonie Pastorale, habillé d’un complet de tweed, une chemise à carreaux Tattersall, une cravate en laine brodée d’animaux -j’ai une petite préférence pour les renards-, une veste en coton ciré vert british, et une paire de derby à bout golf finalement décorées de brogues.

Je vous souhaite un excellent week-end bercé par d’agréables mélodies.

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