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Cette semaine, je vous propose une poignée de photos prises lors de la Boat Race à laquelle j’ai eu la chance d’assister, ainsi qu’un petit compte-rendu des évènements. Cette vénérable course d’aviron voit chaque année concourir sur la Tamise les universités d’Oxford et Cambridge quelques jours après l’équinoxe de Printemps, et ce depuis 158 ans. Elle prend place à l’ouest de Londres, entre Putney Bridge et Chiswick Bridge, ce dernier constituant la ligne d’arrivée, là où je me situais. Outre son incroyable longévité, ce sont les athlètes qui caractérisent la course : tous sont de brillants étudiants dans les meilleurs Colleges, parfois doctorants ou chercheurs, et l’on ne peut que saluer à la fois leurs performances physiques -certains ont participé aux Jeux Olympiques- et intellectuelles, bien que ces dernières ne soient hélas visibles qu’à travers les stratégies de placement de l’aviron.

Une petite rivalité court bien entendu entre ces deux hauts lieux du savoir, et les étudiants de Cambridge ne manquent jamais de rappeler leur avantage, 82 victoires contre 76 pour Oxford.

J’étais aux premières loges ce samedi 7 avril, à quelques mètres à peine de la ligne d’arrivée, marquée par un poteau rayé bleu marine et turquoise -couleurs respectives des équipes d’Oxford et Cambridge- surgissant de la Tamise à marée basse. Mais, avant le grand départ, le fleuve a vu s’affronter les clubs de réserve, Isis (Oxford, Isis désignant la partie de la Tamise traversant Oxford notamment) et Goldie (Cambridge). Bien que Goldie ait gagné au tirage au sort afin de décider son placement, Isis domina la course pour enfin arriver en tête, réussissant l’exploit d’accomplir le troisième meilleur temps de toute l’histoire de la course, à 16 minutes et 41 secondes.

© Le Paradigme de l’Elegance - Chiswick Bridge et, au second plan, le poteau marquant la ligne d'arrivée.

© Le Paradigme de l’Elegance - Isis en tête de la course de réserve, sous le regard de milliers de spectateurs amassés sur les berges.

© Le Paradigme de l’Elegance - Glodie à la suite d'Isis.

Le spectacle ne faisait cependant que commencer, et les berges, bientôt recouvertes par la marée montante, étaient combles. Deux heures et quart, le départ est donné à quelques encablures de là. Les échos diffus du transistor d’un spectateur me parvenant aux oreilles, je suivais le combat acharné des deux équipes, Oxford menant de quelques longueurs. Quelques minutes à peine après le départ, les étudiants préposés au lever de drapeau de la ligne d’arrivée s’agitèrent de manière inhabituelle de leur vedette. « La course est arrêtée, cria t-il à l’attention des spectateurs de la berge nord, dont je faisais partie, un homme nage dans la Tamise !« . L’information fut rapidement corroborée par la radio : pour des raisons de sécurité, les avirons durent être arrêtés et un départ intermédiaire allait être donné. Ce fut fait, la course repartit de plus belle. Alors que Cambridge longeait la berge sud, Oxford, sous l’impulsion de Zoe De Toledo, la coxswain (barreuse) essayait de mettre leurs concurrents sous pression en s’approchant dangereusement de leur aviron. L’arbitre, John Garrett, juché sur une vedette suivant de près les galériens, mis en garde Oxford à plusieurs reprises, sans résultat. Les deux avirons étaient alors tellement proches que leurs rames s’entrechoquèrent, aux dépend d’Oxford qui en brisa une ! La course était alors jouée d’avance. Avec un tel handicap, c’est sans surprise que Cambridge distancia son adversaire sur une Tamise à marée haute et, tel une torpille turquoise, finit en tête. Mais, de manière admirable, Oxford ne s’avoua pas vaincu et se battit jusqu’à la fin. « Come on boys, give everything you’ve got ! » leur lança Zoe De Toledo après l’avarie. Les rameurs donnèrent tellement d’énergie que le Docteur Alexander Woods, le bow, s’évanouit une fois la ligne d’arrivée franchie !

L’édition 2012 de la Boat Race était donc épique à bien des égards, et donna l’occasion à Cambridge de prendre sa revanche après une défaite en 2011. Michael Thorpp, un des rameurs présents dans l’équipe l’année précédente, avait d’ailleurs fait vœu de ne pas se couper les cheveux jusqu’à que sa défaite soit vengée. Voilà qui devrait lui procurer une raison de se précipiter chez un barbier au plus vite ! Notons également que la victoire de Cambridge hisse Ed Bosson au rang de plus jeune barreur -19 ans- ayant remporté la course dans cette équipe.

© Le Paradigme de l’Elegance - Les étudiants en charge du drapeau d'arrivée, certains arborant un boating blazer.

© Le Paradigme de l’Elegance - Cambridge approche, en tête de la course suite à la déconvenue d'Oxford.

© Le Paradigme de l’Elegance - Cambridge franchit la ligne d'arrivée. Remarquez le contraste, cette dernière étant dominée par une usine produisant l'insipide lager américaine Budweiser.

© Le Paradigme de l’Elegance - Oxford suit péniblement, quelques bonnes longueurs derrière.

© Le Paradigme de l’Elegance - Les deux équipes, une fois la ligne d'arrivée franchie. On aperçoit le Dr Woods évanoui -ce que personne ne remarque avant plusieurs minutes-, tandis que l'équipe de Cambridge est en liesse.

© Le Paradigme de l’Elegance - Une cohorte de vedettes suivaient la course.

La course filmée et commentée par la BBC, à partir de l’interruption de l’homme dans la Tamise.

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Mais assister à la Boat Race, c’était aussi l’espoir de croiser bon nombre de personnes, des étudiants en particulier, arborant un traditionnel boating blazer aux couleurs de leur club d’aviron ou de leur College. Je n’en croisai cependant qu’une poignée, piètrement mis, et que je n’eus pas le loisir de photographier. Vous pouvez toutefois apercevoir que, parmi les étudiants en charge du drapeau d’arrivée, certains avaient l’air d’être vêtus selon les circonstances. Mais ce fut tout de même une belle déception ! Peut-être était-ce dû au temps relativement froid qui empêchait d’arborer ce genre de mise. C’était mon cas : j’ai dû troquer au dernier moment mon boating blazer, mon chino et mon canotier, pour un pantalon de flanelle, une veste et une casquette de tweed, ainsi qu’un imperméable beige. Heureusement, la Henley Regatta, au début du mois de juillet, affichera un temps au beau fixe propice à de tels atours, ainsi qu’à un verre de Pimm’s bien frais ! Je compte également assister à cette course, ainsi que vous en livrer clichés et impressions.

Puisse votre week-end être des plus agréables.

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