Ce billet est aujourd’hui consacré, une fois n’est pas coutume, à étayer et défendre la ligne éditoriale du blog.

Comme vous avez sûrement pu le constater, j’ai depuis quelques mois multiplié les billets « coup de gueule », commençant par fustiger, entre autres, les ‘marques’,  les relookers, le ‘Luxe’, la vision du « bien-être » par la classe politique, puis plus récemment les sites de ventes privées. Or, plusieurs lecteurs m’ont exprimé leur perplexité face à cette orientation, reprochant de ne pas assez parler des objets eux-mêmes, de donner voix à la vulgarité, et d’être trop critique. Sachez tout d’abord que vos remarques ont été entendues, et je reviens présentement vers vous après mûre réflexion à ce sujet. Le présent billet a pour objet d’en discuter.

Pourquoi le faire publiquement, me demanderez-vous ? Pour répondre à cette question, il me faudra tout d’abord vous expliquer les raisons de la création du Paradigme de l’Élégance. J’ai créé ce dernier il y a environ neuf mois, afin de disposer d’un recueil de réflexions personnelles à propos de l’élégance, et d’améliorer mes connaissances sartoriales. Tenir un blog me permettait également, bien que ce fut alors un objectif secondaire, de pouvoir échanger avec d’éventuels lecteurs dans le but de créer de passionnants débats. Plus les mois passaient, plus le lectorat était important, et plus ce deuxième –et secondaire- objectif prenait une place prépondérante dans ma motivation à écrire. En lisant les billets publiés, en les commentant et en débattant, vous vous appropriez en quelque sorte le blog, et c’est une excellente chose. Aujourd’hui, il  est donc en quelque sorte devenu le votre. A ce titre, je pense vous devoir une certaine transparence quant aux choix éditoriaux du blog. C’est pour cela que j’ai décidé de vous exposer directement mes réflexions à leur sujet.

Revenons aux remarques qui ont été faites concernant l’orientation plus « critique » du blog. Depuis la création de ce dernier, la ligne éditoriale (consultable à tout moment via un onglet juché au dessus de l’en-tête) n’a pas changée. Pour résumer, le blog a donc pour but de défendre l’élégance comme paradigme, c’est-à-dire comme un ensemble de normes et de valeurs par lesquelles entrevoir le monde qui nous entoure. L’élégance y est perçue comme étant bien plus qu’une belle mise : le côté vestimentaire y est bien entendu important, mais l’aspect intellectuel, et le combat contre la superficialité, le Panurgisme et la vulgarité y sont prépondérants, de même que l’adoption d’une position morale et éthique. Autrement dit, il s’agit de réconcilier le fond et la forme. Chacun des billets doit donc, d’une manière ou d’une autre, contribuer à poursuivre cet objectif éditorial, afin de dépeindre chaque semaine un aspect de ce fameux paradigme de l’élégance. Ils peuvent donc être divers et variés : explicatifs, descriptifs, à visée philosophique, mais aussi critiques et polémiques. Ce sont ces deux derniers types de billets, aussi appelés billets d’humeur, dont la légitimité a été remise en question.

De prime abord, il est vrai que la présence de ce genre de billets peut sembler facultative, puisque la ligne éditoriale que je me suis fixée peut être servie par d’autres voies. Mais elle s’avère l’être beaucoup moins si on appréhende les billets comme étant des moyens d’anti-définir l’élégance, à l’instar de la démarche de théologie négative. Concrètement, nous avons donc d’un côté les billets « traditionnels », qui dressent le portrait de l’élégance en parlant des produits, des mises, et autres réflexions, et, d’une autre côté, les billets d’humeur, qui « tapent du poing sur la table », permettent de pourfendre ce que je considère comme scandaleux, car ô combien contraire à l’idée que je me fais de l’élégance. Les deux sont à mon avis complémentaires. D’autre part, ce billet est le 77ème publié ici, et à l’heure actuelle, j’ai rédigé moins de dix billets polémiques et critiques. Neuf billets sur dix sont donc susceptibles d’intéresser ceux qui tiennent en horreur mes coups de sang.  Ces derniers, par voie de conséquence, ne constituent qu’une minorité de publications. Je souhaite donc continuer à écrire des billets d’humeur car, en plus des raisons précédemment citées, leur nature polémique est davantage susceptible de faire émerger des débats, mais permet aussi et surtout une plus grande liberté de ton.

Mais ce choix de faire coexister des billets polémiques et critiques avec d’autres purement descriptifs ou explicatifs n’est pas sans conséquence. Je risque de vous perdre, vous qui m’avez exprimé vos réserves quant à la récurrence des billets d’humeur. Quel est ce montant de ‘vous’, finalement ? Je l’ignore. Vais-je perdre tout mon lectorat à continuer dans cette voie ? Je l’ignore également. Je ne voudrais en tout cas pas brider ou travestir mes propos, et souhaite rester fidèle à moi-même. Ce serait en effet tout de même un comble si je ne me reconnaissais plus dans mon propre blog. J’assume les conséquences d’une telle ligne éditoriale, quitte à ne plus donner envie d’être lu. Or, comme je l’expliquais dans le second paragraphe, vous, lecteur, êtes petit à petit devenu une des raisons pour lesquelles j’écris. Alors, si d’aventure ma prise de position éditoriale venait à être un échec au point que mes colonnes soient désertées, alors il sera temps pour moi d’arrêter toute publication.

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