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© Le Paradigme de l'Elegance

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Cette semaine, je vous propose une mise nous venant de l’autre côté des Alpes. En effet, plusieurs indices nous mettent la puce à l’oreille. Les couleurs, tout d’abord, qui sont pour la plupart vives, et dérivées du bleu marine -violet framboise, turquoise, azur-, hormis le jaune ocre. Ce sont des teintes que l’on retrouve autant sur les élégants italiens -bleu marine-, que sur les façades de leurs édifices -jaune ocre-, ou dans l’eau qui mouille leurs rivages -azur et turquoise. Les matières nous renseignent également : légères, raffinées, adaptées aux températures clémentes et à la vie urbaine. En effet, le sweater en fin mérinos est bien éloigné des chauds lainages de Donegal. De même, le foulard aux motifs cachemire et floraux est peu semblable au Tartan des écharpes de la péninsule Britannique, bien que la soie reste une matière très chaude. D’autre part, les boutons en nacre renvoient, là encore, à la mer, même si aucun coquillage méditerranéen n’en produit. Enfin, le port de Richelieus bruns apparaît comme étant une des nombreuses entorses sartoriales tant vénérées par nos voisins transalpins. Une fois n’est pas coutume, nous sommes donc clairement à des lieues du style anglais souvent à l’honneur ici.

Durant la construction de la mise, le défi a été d’assembler des motifs de nature très différente, et d’arriver à un ensemble cohérent. Il s’agissait en effet de rendre compatibles les rayures de la chemise, les motifs floraux et cachemire du foulard, ainsi que les pois de la cravate. Comme à l’accoutumée, leur différence d’échelle permet de les associer. Et, cerise sur le gâteau, des jeux de couleurs s’opèrent : la couleur framboise des rayures de la chemise se retrouve sur certains motifs du foulard, tandis que le brun de la cravate trouve un écho dans celui des Richelieus à plastron.

La multitude de couleurs présentes dans cette mise permet de démontrer, si c’était nécessaire, que la règle populaire selon laquelle « on ne doit pas porter plus de trois couleurs dans une mise sous peine de désastre visuel » est une aberration sartoriale. En effet, elle n’a, d’une part, aucun fondement historique ; et, d’autre part, elle va clairement à l’encontre du bon sens. Cette mise prouve clairement que ce n’est pas le nombre de couleurs qui importe, mais c’est d’employer des teintes aux constructions proches. Il faut, pour ce faire, connaître les bases de leur création. Trois couleurs dites « primaires » (rouge, bleu, jaune) forment, en s’assemblant, les couleurs dites « secondaires » (violet, vert, orange). Les couleurs primaires s’associent bien avec une couleur secondaire lui étant apparentée. Ainsi, une teinte verte s’accordera autant avec du jaune que du bleu, de même qu’une teinte orange ira très bien avec du rouge comme du jaune. Ce sont ces principes qui sont appliqués sur la mise d’aujourd’hui, et qui sont toujours bons à savoir. Mais surtout, comme je vous le recommande souvent, faites confiance à votre œil et à votre instinct.

Excellent week-end à tous.