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Aucun doute là-dessus, la chemise est bien la compagnonne de tout élégant, que sa mise soit décontracté ou non, avec cravate, noeud papillon ou non. Ce dénominateur commun de l’élégance mérite donc un soin à l’égal des services rendus. Vous et moi savons qu’ils sont innombrables !

Commençons donc par le lavage en machine, si vous le voulez bien. Je vous conseille de laver vos chemises à 40°c (pour l’immense majorité des 100% coton ; quant aux chemises en synthétique, jetez-les référez-vous à l’étiquette de lavage). En effet, 30° est généralement trop peu pour pouvoir faire disparaître les auréoles jaunâtres imputables à la sueur, que l’on trouve sous les aisselles, au niveau des poignets et sur le tour de cou, tandis qu’un lavage à 60° abimerait les fibres de coton. Pour faire disparaitre lesdites tâches, il est très efficace d’y étaler un soupçon de lessive liquide (pas trop, car trop de lessive endommage la rigidité du col ou des poignets). Si vous utilisez de la lessive en poudre, il suffit de la diluer dans un peu d’eau, et de suivre la même opération.

Concernant le cycle machine, adoptez le 40° délicat (ou le 40° synthétique, si la votre n’en possède pas). Ces deux cycles ont la particularité de laver aussi efficacement qu’un 40° normal, quoi que de manière plus courte. La différence réside essentiellement dans la phase d’essorage : là où le cycle normal tournera à plus de 1000 tours à la minute, les délicats et synthétiques sont prévus pour exercer une action mécanique moindre sur les tissus, en tournant entre 400 et 600 tours par minute. Sur le long terme, la qualité du tissu sera davantage préservée.

Pour ma part, je ne mets pas d’adoucissant, car je ne trouve pas que la différence au toucher soit flagrante. Et c’est, de plus, une pollution évitable. Cependant, si vous trouvez un réel avantage à cet substance (peut-être faciliterait-elle le repassage ?), n’hésitez pas à m’en faire part.

Le barbotage de nos amies étant terminé, il faut désormais les faire sécher. Pour se faire, je vous conseille vivement un séchage sur cintre. Mais pas n’importe lequel, car il s’agit de fermer le bouton du col, ainsi que celui juste en dessous. Ainsi, si vous séchez vos chemises en extérieur, elles ne s’envoleront pas ; mais, surtout, ce procédé permet que le col garde une forme parfaitement ronde, et ce durablement, car les fibres de coton prennent au fur et à mesure cette forme. Cela permet à votre col de chemise d’épouser la forme de votre cou, même ouvert. Vous ne ressemblerez ainsi pas à Tony Montana dans Scarface (1983). D’ailleurs, je ne comprends toujours pas comment ce truand a pu penser que le monde serait sien avec des vêtements aussi mal coupés.

Tony Montana (incarné par Al Pacino)

Une fois vos chemises sur cintre, vous pouvez éliminer quelques plis : il vous faut vous saisir d’un pan de tissu en le tenant à ses extrémités, puis le tendre d’un coup sec plusieurs fois de suite.

Passons, enfin, au repassage. Je sais que beaucoup maudissent cette tâche, car elle est d’une part chronophage, et d’autre part comporte toujours le risque de brûler nos précieuses étoffes. Sachez que ces deux écueils sont loin d’être inévitables ! Ne vous découragez pas : plus vous repasserez, plus vous gagnerez en efficacité, et donc en temps. Concernant les risques inhérents à cette tâche, vous pouvez vous en prémunir en respectant une série de règles relativement simples à suivre :

  1. Ne jamais laisser trop longtemps le fer au même endroit du tissu.
  2. Ne jamais dépasser la température maximale de repassage conseillée, échelonnée de un à trois points, soit 110, 150 et 200°c (vous trouverez sur les étiquettes de vos chemises les recommandations de lavage, et de repassage -voici un site qui agrège très bien toutes ces données, tout en expliquant les pictogrammes). Généralement, plus le coton est épais (grammes par mètre carré), plus il nécessite une chaleur élevée.
  3. Nettoyez régulièrement la surface de votre fer : si de la rouille d’y dépose, elle déteindra sur le vêtement. Pour se faire, utilisez de l’eau chaude savonneuse.
  4. Utilisez une planche à repasser dont le matelassage n’est ni trop épais (ceci peu créer, au mieux, des plis supplémentaires, au pire enfoncer la pointe dans le tissu et le brûler), ni trop fin (le repassage devient inefficace).
  5. Si vous utilisez un fer à vapeur, ou une centrale vapeur, utilisez de l’eau déminéralisée, afin qu’il n’y ait pas de résidu calcaire. Cependant, il peut toujours s’en former : soyez vigilant en nettoyant régulièrement l’intérieur du fer. En effet, il n’y a rien de pire que de l’eau chargée de calcaire sale sur un tissu.
  6. Essayez autant que faire se peut de ne pas repasser votre col et vos poignets : le tissu étant plus épais, vous en brûlerez les proéminences et laissera des traces brillantes (le très bon blog Mes Elegances en parle également).

Vous pouvez tout à fait repasser avec un fer simple. Et, si vous débutez, c’est ce que je vous conseille. Après tout, on n’apprend pas à conduire avec une Aston Martin. Un fer vapeur, ou une centrale vapeur, apportent plus de confort et de facilité pour enlever les plis : le tissu humidifié est malléable sous l’effet de la chaleur.

Petite touche finale : vous pouvez amidonner votre col et vos poignets afin de leur conférer davantage de tenue. Pour se faire, il existe deux méthodes : récupérer l’amidon après la cuisson du riz (ce qui est relativement fastidieux), ou l’acheter directement en poudre à diluer, ou en bombe aérosol, ce qui est plus pratique, mais plus polluant. A vous de voir, donc. Dans les deux cas, il faudra appliquer l’amidon sur le col et poignets, puis repasser de l’intérieur (et non de l’extérieur pour ne pas brûler le tissu, comme expliqué précédemment).

Amidon de riz en bombe aérosol

Je vous conseille également de ne pas plier vos chemises, mais de les pendre sur cintre, toujours en fermant les deux boutons du haut.

A l’entretien de ses chemises, et de ses vêtements en général, colle une dimension morale. Vouloir être élégant, c’est bien. L’assumer, c’est encore mieux. Il faut pour cela ne pas en déléguer l’entretien au pressing, ou pire, à votre femme (la pauvre, soyez un vrai gentleman) ! Si vous n’avez pas, mais alors vraiment pas le temps, faites appel au pressing, mais épargnez votre moitié. Concernant le repassage, essayez de le voir autrement : le but est de prendre un plaisir similaire à celui ressenti lorsque vous cirez vos souliers. Pour se faire, mettez un peu de Jazz ou de musique Classique afin de vous donner un peu de rythme, tout en insufflant un brin d’élégance à la tâche que vous accomplissez. Vous pouvez également vous servir un verre d’un bon Whisky ou de Porto…mais attention, n’en abusez pas, vous pourriez voir trouble et brûler votre nouvelle chemise !

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