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Crédit : Scott Schuman. Hamish Bowles

Je vais être clair : ces motifs, en particulier ceux du croisé, ne me plaisent pas. Je les trouve horribles. Hamish Bowles, l’homme sur ce cliché, ne me plaît guère plus, puisque c’est l’un des chantres du paradigme de la mode : il édite le magazine Vogue en Europe.

En revanche, il faut reconnaître qu’il sait combiner à la perfection différentes pièces du vestiaire masculin aux motifs divers, sans aucune faute d’échelle. Le cliché ci-dessus permet d’en avoir un aperçu. Cette capacité à mélanger toutes sortes de visuels est, selon moi, un fondamental de l’élégance sartoriale. Parmi ce que je considère comme d’autres fondamentaux, à savoir la facture des habits, leur coupe, et leurs couleurs, je trouve que le maniement des motifs est le plus difficile à maîtriser, mais aussi celui que je considère le plus.

Alan Flusser, dans son ouvrage Dressing the Man (2002), théorise bien ce fondamental. Il nous explique très justement qu’afin de ne pas gêner l’oeil, les motifs doivent être d’échelles différentes. Autrement dit, il ne faut pas qu’ils aient la même taille. Mais le meilleur moyen de tester un assemblage de motifs est empirique : il suffit de se regarder dans un miroir. Faites confiance à votre ressenti. Si votre oeil est gêné, c’est qu’il faut essayer une autre combinaison.

L’art d’assembler les motifs sera donc, à partir de maintenant, mis à l’honneur dans la plupart des inspirations de la semaine, car c’est un fondamental que je trouve trop peu développé sur la toile, et dans la littérature dédiée. Peut-être est-ce la peur de ne pas risquer la faute de goût ? Ou bien est-ce inhérent à la France, où il est très mal vu de se faire remarquer, que ce soit en bien ou en mal ?

N’oubliez pas, d’une part, que vous vous vêtez pour vous et pour le respect de la tradition sartoriale ; et, d’autre part, qu’on ne passe jamais inaperçu, alors autant se faire remarquer pour son élégance. Je vous encourage donc à agir dans ce sens.

Cependant, il n’est pas aisé, pour une première fois, de porter de la tête aux pieds des habits à motifs. Donc, allez-y petit à petit. Ne portez plus de cravates ou des noeuds papillon unis (ils sont pour la plupart fades et manquent de caractères), très souvent en satin de soie de mauvaise facture : privilégiez plutôt ceux aux motifs peu voyants tels les petits pois, ou les motifs géométriques ton sur ton. Les étoffes à rechercher sont le twill épais, la soie lourde, et la grenadine de soie. Une fois que vous vous sentez à l’aise, vous pouvez augmenter leur taille, les variations de couleur, ainsi que le nombre de pièces portées arborant des motifs.

Essayez de faire de même avec les pochettes (celles à motifs cachemire ont ma prédilection), les chemises (à rayures ou à carreaux), les vestes et costumes (Prince de Galles, check, pied de poule, chevrons bicolores, ou rayures tennis ; personnellement, je préfère les carreaux fenêtre), les écharpes et foulards (à carreaux, à motifs cachemire ou floral…). Les chaussettes peuvent également arborer des motifs (argyle, rayures horizontales ou verticales, pied de poule…). Il ne s’agit pas, bien entendu, de s’habiller en vue de participer au Carnaval de Rio. Votre mise doit constituer un ensemble cohérent et discret.

Voici quelques exemples de motifs à exploiter dans une mise (cliquez pour agrandir) :

Pochette à motifs floraux. © Le Paradigme de l'Elegance

Pochette à motifs cachemire. © Le Paradigme de l'Elegance

Cravate bleu marine à petits cercles, et noeud papillon burgundy à petits pois. © Le Paradigme de l'Elegance

Tweed à chevrons bicolores et carreaux fenêtre, avec échelle. © Le Paradigme de l'Elegance

Foulard en laine à motifs cachemire. © Le Paradigme de l'Elegance

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