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L’appellation eau de Cologne désigne deux choses distinctes, mais de facto liées.

Tout d’abord, et techniquement, il s’agit d’une concentration en parfum de 4 à 6% dans la totalité du volume alcoolisé (principalement de l’éthanol). Pour comparaison, les eaux de toilettes (autre appellation technique) contiennent de 7 à 12% de parfum.

Enfin, elle désigne un accord, c’est-à-dire un ensemble d’essences formant un composé cohérent. A l’origine, lors de sa création par le parfumeur Jean Marie Farina au XVIIIe siècle, cet accord était principalement à base de bergamote (un agrume ayant des similitudes avec l’orange amère), mais aussi de lavande, de citron, de thym, de romarin, ainsi que d’autres épices et herbes aromatiques. Depuis son invention, l’eau de Cologne est passée dans le langage courant en devenant un terme générique, désignant désormais les parfums dont les ingrédients varient plus ou moins de ceux de l’original.

Attention toutefois à ne pas vous méprendre quant au choix de votre Cologne. Le monde de la parfumerie est, à l’instar de celui du vêtement ou des souliers, envahi par des charlatans qui ont pour but de refourguer leurs produits de piètre facture, à un prix qui reflète inversement leur qualité. Toutes les Colognes ne se valent pas. Ainsi, abandonnez les parfums ‘grande consommation’ (ou mainstream) : l’immense majorité s’inscrit dans le cycle de la mode, et périment socialement quelques mois après leur commercialisation. De plus, leur création est très souvent sous-traitée. Ils ne reflètent que l’avidité de grands groupes qui, en créant un parfum, souhaitent maximiser leur retour sur investissement, en ne se souciant guère de la qualité des essences utilisées. Surtout, ils n’adoptent aucune réelle démarche créative afin de pouvoir plaire au plus grand nombre : ils créent ainsi des parfums sans aspérités, sans caractère, et sans âme. A l’inverse, préférez les enseignes de fragrances dites de niche : si certaines sont célèbres -telle les Maisons Guerlain et Caron-, la plupart restent loin du grand public -Acqua di Parma, Creed, l’Artisan Parfumeur, Serge Lutens, Histoires de Parfums-, mais toutes ont en commun le respect des traditions, la qualité sans compromis, et la discrétion. Leurs créations et leur démarches ne pourront certes pas toutes vous plaire, mais vous aurez au moins à faire à d’authentiques passionnés.

L’élégance étant un paradigme, elle englobe également ce avec quoi nous décidons de nous parfumer. Le Paradigme de l’Elegance préfère donc les enseignes discrètes aux produits de qualité et de caractère, plutôt que les insipides parfums sous-traités des méga-marques.

En particulier, et vous l’aurez deviné, le Paradigme de l’Elegance a un faible pour l’eau de Cologne. Sa relativement faible concentration en parfum la rend plutôt légère, donc discrète. De plus, elle est paradoxale, car en dépit des multiples interprétations et variations autour de la recette originale, et malgré les âges, elle reste intemporelle et classique. Enfin, sa fragrance citronnée et aromatique fait bon ménage avec toutes les visions de l’élégance : anglaise, italienne, ou américaine.

Intemporalité, discrétion, noblesse des matières premières : l’eau de Cologne est à l’odorat ce que la flanelle est au toucher.

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