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Bréguet, mouvement à tourbillon sur montre de poche, n° 1176/1809.

L’horlogerie est, à mon sens, un des plus grand défis que l’homme a pu se lancer. Outre la simple mesure du temps, les horloges, les montres gousset puis les montres poignet sont de véritables joyaux, si finement ciselés qu’ils en viennent bien souvent à empiéter sur l’espace de la joaillerie. Mais, s’il ne s’agissait que de cela, l’horlogerie n’aurait pas grand intérêt. Non, il s’agit de l’absolue beauté des mécanismes : beauté visuelle, et beauté de l’esprit.

A l’ère des montres à quartz, les montres mécaniques ont disparues de la culture populaire. Interrogez des gens dans la rue : qui sera au courant qu’avant, les montres étaient mécaniques, et nécessitaient d’être remontées ; puis qu’un rotor fut fixé sur le barillet afin d’armer le ressort avec les mouvements du poignet, créant ainsi des montres mécaniques-automatiques ?

Je parlais précédemment de la beauté de l’esprit : je veux parler de la complexité paradoxalement si simple du mécanisme. Car c’est aussi de là qu’en vient la magie. Un simple garde-temps est un trésor de mécanique, tellement parfait qu’il en couple le souffle. Pensez simplement à l’ingéniosité dont l’être humain a du faire preuve pour calibrer l’énergie suffisante dans le ressort, puis dans les différents rouages, et enfin dans l’échappement (à ancre et balancier depuis le XXe siècle) ! Je trouve ça tout simplement incroyable ! Alors, imaginez à présent les gardes-temps à complications -c’est à dire ceux ayant d’autres fonctions que l’affichage de l’heure : quantième (la date), phases de lunes, répétition, seconde morte…- qui nécessitent un mécanisme et des mises au point, qui n’auraient rien à envier à tous les instruments technologiques modernes dont la société actuelle est si friande. Les mécanismes à complication, autrefois utiles, telles les phases de lune pour les marins, ne le sont guère plus aujourd’hui. Ainsi, leur conception relève actuellement du simple défi…mais quel défi ! Quelle torture intellectuelle ! Quels objets dont l’inutilité n’égale que les prouesses accomplies !

Car, oui, la Haute Horlogerie accomplie des prouesses qui ne sont reconnues que d’un nombre très (trop ?) limité de personnes. Porter un garde-temps mécanique, même au mécanisme le plus simple possible, c’est porter au poignet un morceau d’aventure, un morceau de combat contre les limites du possible. Ce combat s’est incarné dans des créneaux spécifiques de l’horlogerie : montres de plongée (les Rolex Oyster), montres pour l’aviation (Charles Lindbergh avec Longines par exemple)… Cela rejoint ainsi, à mes yeux, le prestige d’un mathématicien résolvant une équation impossible, d’un champion en athlétisme atteignant les 7 secondes au 100 mètres, ou d’un aventurier découvrant une terre encore inexplorée.

Je vous recommande sincèrement la visite de l’excellent site de la Fondation de la Haute Horlogerie (également dans mes favoris). Vous y ressentirez toute la passion horlogère qui les anime, et vous y trouverez également tout ce qu’il faut savoir à propos de tout garde-temps.

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