Cette semaine, voici un exemple de mise sportive à porter sur les côtés de nos mers et océans, ou bien à bord d’un voilier de plaisance, et ce durant les saisons fraiches voire froides que sont l’automne et l’hiver.
La tenue que l’homme arbore sur ce cliché est d’une grande simplicité : un caban d’un bleu marine uni en drap de laine et aux boutons en métal doré frappés de ce qui semble être un voilier ou une ancre, un pantalon écru voire blanc dont le tissu reste inconnu (cavalry twill, coton…?), une écharpe de la même teinte, et une paire de gants sportifs en box brun et aux coutures apparentes. Le tout est très cohérent pour une promenade le long du bord de mer, que ce soit la jetée de la baie de Naples, les chemins aux abords du golfe du Morbihan, la promenade de Biarritz ou la baie d’Amalfi, ainsi que pour une petite escapade en voilier ou en hors-bord de type Riva. Les couleurs (marine et blanc) et le manteau croisé sont les petits-enfants des tenues de la marine militaire (les épaulettes, comme sur le trench coat, ne sont pas là par hasard) que l’on retrouve encore aujourd’hui.
L’on peut suppose que l’homme porte un tricot Guernesey rayé bleu marine et écru en laine vierge sous son caban, voire un tricot Aran, avec une chemise ou une vareuse en dessous. Quant aux souliers, l’on peut pencher pour des mocassins en box ou en veau-velours si ce monsieur reste sur la terre ferme, ou des chaussures bateau s’il prévoit de larguer les amarres.
Très bonne fin de semaine à vous.

Alors larguons les amarres …!
merci pour vos articles.
Un peu court, pour un caban, à mon goût : le sien ne doit pas beaucoup couper le vent, lequel ne doit pas se gêner pour remonter contre sa poitrine et lui geler les os.
Je trouve les boutons dorés un peu clinquants (je préfère des boutons brun-clairs, mats ; idéalement, en corne), tout comme le pantalon, trop clair (une balade sur le sable humide avec son chien, et voilà le blanc ruiné ; je vous rejoins plutôt sur un écru, voire un beige/ocre, plus pratiques).
L’habitude du blanc vient sans doute des militaires en apparat, mais c’est une idée plutôt sotte en mer : distinguer un marin en blanc, au milieu des embruns et de l’écume, est loin d’être idéal ; tout comme distinguer un yacht blanc dans les même conditions. L’apparat, c’est une chose, mais essayez de trouver un chalutier blanc… vous verrez que leurs coques sont toutes de couleurs vives. Une écharpe colorée en camaieu, rouge, ou orangée, me paraît donc un choix plus à propos : ils est en effet assez rare de devoir se camoufler en mer.
J’abonde quant au veau-velours, qui gagnera une patine à propos, en bord de mer, plutôt que de récolter griffures et coups dus au sable et gallets. Mocassins, oui, ou, pourquoi pas ? des bottes chukka pour limiter les conséquences, sur la plage, de la flaque plus profonde qu’elle n’apparaissait.
Bien à vous, de la côte d’albâtre.
Il me semble que la paire de gants que porte cet homme ressemble fort, si ce n’en est pas une, à celle réglementaire dans l’Armée de Terre française.
Il a bien l’air d’un Parigot en week-end, le monsieur chic sur l’image, qui va sans doute faire ses neuf trous au "golf" du Morbihan (sans "e" !). En revanche, je ne suis pas sûr qu’il représente vraiment le comble de l’élégance, en tout cas pour moi qui ai connu l’époque où au bord du golfe dont il est question, moins branché certes qu’aujourd’hui, et fort méconnu de la plupart des Parisiens, les femmes de plus de cinquante ans portait encore la jolie coiffe d’Auray en forme de toit, et où le plus simple des ouvriers ostréicoles ou des pêcheurs avait dans sa simple tenue de travail bleue délavée, avec un bout de ficelle en guise de ceinture, une allure folle, absolument naturelle et complètement à sa place. On pouvait alors encore arpenter la lande ou aller chercher des chèvres sur les rochers sans tomber sur ce genre de mardi-gras …
Kenavo !
Je connais assez bien LE golphe pour y trainer mes guêtres, cabans et vareuses de pêche depuis toujours (mon grand-père y a acheté un terrain sur la pointe du Monteno en 1927); ces lieux connaissent certes une certaine "branchitude" (comme le bassin d’Arcachon, le Cap Ferret, Pornic, certaines plages normandes) ce qui prouve leur qualité de vie attirante, mais l’authenticité demeure hors saison.
Bonjour, superbe, le caban ! Quelqu’un sait-il qui est le fabricant ? Merci à tous !!
Dans le même style il y a aussi le caban de la marine nationale qu’on trouve dans tous les surplus militaire.
Autre remarque: Il me semble que le caban est un pardessus qui est plutôt court, mais il doit être au moins plus long qu’une veste.
Non, le caban de la Royale, on ne le trouve pas partout, et surtout pas dans tous les surplus. Hélas…
En tout cas, en région parisienne, on en trouve dans les surplus ou aux puces, mais ils sont anciens, défraichis par le soleil, flétris par l’humidité, et parfois mangés par les mites…
Tout ça ne me dit pas la marque du caban en photo !!!
Qui sait????
Bonjour Philippos,
Je n’en ai pas la moindre idée, désolé.
Amicalement,
LPDE
@ Antoine Guémy :
J’apprécie aussi l’authenticité des tenues de marins et pêcheurs, mais ce caban (quoique trop court et trop neuf) n’est pas ridicule.
Je porte toujours le caban (malgré mes cinquante ans) au bord de la mer, mais aussi en ville, c’était déjà une sorte d’uniforme de mes années lycée (70′).
Pour les commentateurs qui en cherchent de beaux à prix encore raisonnable (250€ pour tissus simple – déjà très chaud – le double pour tissus double…) il y a ceux de l’éternel magasin "Au Petit Matelot" (publicité gratuite et non-intéressée) à Paris, avenue de la Grande Armée; les boutons en sont noirs (préférés aux dorés trop clinquants).
En effet, c’était peut-être les boutons dorés (que j’apprécie par ailleurs en d’autres circonstances : sur un "blazer" qui comme son nom l’indique est là pour "en jeter", pour "frimer", ou sur l’uniforme d’un authentique amiral de la flotte) – qui étaient de trop, et le pantalon blanc dont le contraste est fort joli, mais évoque irrémédiablement le parisien en villégiature, les marins d’opérette du Châtelet (Tino Rossi chantant "Méditerranée", ou Pierre Brasseur dans "César". Cela dit, j’adore le caban- que j’ai porté moi même comme vous tous les jours dans les années 70 (avec la casquette de marinier de travers, s’il vous plaît, ça donnait un petit air mauvais garçon et matelot de Kronstadt tout à fait seyant à l’époque – on était plus jeune et plus beau !). Autant que je m’en souvienne, c’était un "Baudoin", un vrai (le "must") inusable que j’avais hérité d’un de mes oncles.
Toutes mes excuses pour l’accord manquant au verbe à propos des coiffes d’Auray, c’est parti trop vite et on n’a plus les yeux de ses vingt ans ! Comme quoi, personne n’est parfait : on voit la paille dans le "golf" du voisin et plus la poutre qui est dans le sien (avec un "e").
Kénavo