Voilà une énième mode qui succède à toutes les autres vacuités, et nous savons qu’elles sont nombreuses. Mais cette mode là est un peu différente des autres, puisqu’elle touche à un éternel attribut de l’élégant, et qui n’a pour une fois aucun lien avec son vestiaire : il s’agit de la pilosité faciale en général -barbe, favoris…-, et la moustache en particulier.
Les hipsters se la sont appropriée dans un ultime effort de différenciation, piochant ça et là tout ce qui n’est pas mainstream, amenant à créer un pot-pourri vestimentaire et corporel, les douces effluves en moins.
Le but de ces énergumènes est d’être kitsch, au sens où tout en eux est anachronisme. Le pull fair isle est porté avec un pantalon de treillis, et l’I-pad dernière génération est utilisé en fumant la pipe.
Bien entendu, le premier spécimen de hipster présenté ci-dessus n’arbore en aucun cas une moustache en guidon de vélo par soucis de respect des traditions. Non. Il l’arbore parce qu’au hasard de recherche dans une collection de photographies prises au tournant du siècle, et qu’il qualifiera de vintage, il l’aura trouvée cool. Quand aux seconds, leur moustache n’est même pas belle, car trop populaire : c’est un des nadirs de l’horreur des années 1980, de Freddie Mercury à Tom Selleck, en passant par le routier lambda.
Mais cet épiphénomène hipster a bel et bien réussi à se généraliser, à notre plus grand dam. L’onde sismique s’est répandue par de petites images diffusés sur la toile. Point de sismographes pour la détecter, mais des apparitions de moustaches de plus en plus fréquentes, comme Brad Pitt, en 2009, dans Inglourious Basterds ; Jude Law, la même année, dans la bien piètre adaptation des nouvelles de Sir Arthur Conan Doyle ; et, bien entendu, Jean Dujardin dans The Artist, en 2011. Ces hommes généralement célébrés par la gent féminine ont peut-être déclenché le phénomène, repris ensuite de manière souterraine par les hipsters. Ou peut-être est-ce ces derniers. Mais qu’importe, le mal est fait : ce qui était circonscrit s’est désormais répandu, et la moustache est désormais un phénomène de mode tout à fait superficiel.
L’on a pu s’en apercevoir sur la toile, lorsque des illustrations minimalistes ont commencé à circuler :
Voilà qu’un concept est né : à la fois "rétro", "vintage" et technologique, il n’est pas authentique, mais fabriqué de toutes pièces par les tenants de la "hype". C’est un golem difforme qui séduit néanmoins les esprits malléables, parce que "ça a l’air trop cool lol". Ces illustrations sont destinées à un public plutôt "geek", amoureux de nouvelles technologies et des tendances. La preuve, ces images ont sûrement été crées grâce à un logiciel de type Adobe Illustrator. Et remarquez le design minimaliste, comme je le disais précédemment. Voilà qui n’est pas sans rappeler les logos très léchés d’une certaine firme à la pomme croquée, dont les hipsters sont justement très friands…
L’illustration ci-dessous apporte une preuve supplémentaire :
Les moustaches sont ici des accolades dans les différentes polices d’écriture dans les logiciels de traitement de texte. C’est plutôt pathétique…
Mais ce n’est pas tout, les internautes se sont pris au jeu -si l’on peut le qualifier comme tel- et se sont approprié ces grossières illustrations :

"loooool c tro drol g déciné 1 moustach sur mon doit"
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Une seule question me vient à l’esprit. Pourquoi ?
Pourquoi ces gens révèrent-ils la moustache minimaliste des hipsters ? Cela demeure un mystère pour moi. Je ne peux avancer que quelques hypothèses. Peut-être est-ce là un comportement simplement moutonnier, le contenu de la tendance -la moustache, en l’occurrence- importe alors peu. Ou alors est-ce
l’association entre la moustache et une certaine distinction de comportement, comme le suggère cette image ci-contre ? Quelle que soit l’hypothèse, celle-ci me ramène invariablement à la constatation suivante : cette tendance est fondamentalement superficielle, car elle ne considère pas la moustache comme un héritage, une tradition, mais comme un énième élément de personnalisation de soi.
Il ne fallait pas attendre longtemps avant que d’avides opportunistes s’emparent du phénomène pour s’enrichir, tout en l’amplifiant. Voilà qu’ils créent des tasses à café décorés de moustache, des bagues et colliers moustache, des tires-bouchon moustache, des verres moustache…
Voilà encore de nombreuses babioles qui seront jetées dans quelques mois, voire quelques années, car n’étant plus à la mode….quel gâchis !
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Qu’on se le dise, la moustache, et l’art de la pilosité faciale en général, ne sont pas un bien de consommation, et encore moins une tendance. C’est une belle tradition que de porter une moustache, des favoris ou une barbe. La moustache était symbole d’un certain conservatisme lié au milieu aristocratique -Stendhal, dans Le Rouge et le Noir, décrit à plusieurs reprises celle des jeunes officiers qui se rendent à l’hôtel de la Mole, et c’était vers 1820 ; et rappelons-nous des célèbres moustaches de Napoléon III- et ce jusqu’aux années 1950. L’on sait aussi que la middle et upper middle class anglaise de la fin du XIXème siècle arborait souvent une moustache : Conan Doyle et son personnage John Watson en portent une (et sont d’ailleurs tous deux médecins). Son contemporain, le très talentueux illustrateur Sidney Paget, a immortalisé ces fameux attributs chez le romancier et le compagnon de Sherlock Holmes :
Notez comme la moustache de Watson est bien plus fournie à mesure que les années avancent.
Toujours à la même époque, c’est Rudyard Kipling qui porte la moustache :
Il en va de même chez un autre Grand personnage : il s’agit de Friedrich Nietzsche, qui n’a sûrement jamais essayé de tailler la sienne tout au long de sa vie.
Les favoris, ensuite. Ils encadrent la figure pour renforcer une présence lionesque, mais patriarcale. Rappelons nous de ceux, discrets, d’Adolphe Thiers.
La barbe est elle aussi patriarcale. Elle avait inspiré un billet au Chouan, dans lequel il remarquait qu’après avoir été le symbole d’une orientation politique dans les années 1980 -le fameux collier de barbe de Robert Hue, ou la barbe en général, sûrement tiré de celle, plus imposante, de Karl Marx- elle est désormais laissée de côté. Hélas. La barbe de trois jours s’est vue préemptée par les bobos, mais la vraie barbe fournie et taillée, elle, est souvent l’apanage de trop rares Messieurs.
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Bref, ne laissons pas des tendances ou des concepts marketing vulgariser et ridiculiser ces beaux attributs faciaux. Ceux-ci doivent répondre d’une tradition, qu’elle relève de l’Histoire familiale ou générale, et d’avoir une cohérence, une justification, comme je le défends d’ordinaire. Il faut pouvoir contrer l’avancée de ceux, superficiels, dont la seule justification pour arborer une moustache et d’être "trop stylé", donc original. Ils ne font que véhiculer une image fallacieuse de l’élégance. Par leur faute, il ne manquerait plus pour que l’on passe pour des hipsters !












Je prétends qu’il est possible de connaitre à fond les règles de l’élégance, et quand même d’utiliser l’Ipad tout en fumant la pipe, juste après avoir ciré ses souliers. Même chose pour l’exemple donné, le pull Fair Isle avec un treillis. Ce site ne se fait-il pas l’avocat de la connaissance pour pouvoir jouer avec les codes? Du moment qu’on est conscient de la chose, où est le drame?
Au moins, cette tendance, qui est quand même très parisienne, permet de rafraîchir un attribut qui ne serait autrement que tout à fait ringard, comme le chapeau melon et les porte-chaussettes. C’est plutôt excitant de voir qu’au XXIème siècle des jeunes hommes relancent une tradition qui n’avait plus, d’apparence, lieu d’être (et c’est quelque chose de très européen: aucun américain ne considère la moustache comme valorisante). Je rappelle que l’entretien d’une moustache demande quand même du temps et du soin, même s’il ne s’agit (-cris d’orfraie en arrière-plan-) que de hipsters.
Je continue à penser que l’élégance est également dans l’acceptation de l’autre et de ses envies, tout en s’assurant que la transmission de l’éducation est bien faite. L’un n’empêche pas l’autre et je préfère me considérer comme un hipster très élégant (donc, nous sommes d’accord, pas un hipster) que comme un vieux monsieur arc-bouté sur sa vision très XIXème siècle. Nous voyageons tous trop pour cela.
Et, je le précise, j’étais à la manifestation des chaps et chapette en avril dernier à Saville Row.
Bonjour Hourrah,
Oui, effectivement, cela devient acceptable pour peu que l’on ait connaissance de la chose (et encore). Mais je doute que ce soit le cas pour l’immense majorité des hipsters. Je trouve cela détestable que la moustache reste un simple effet de mode (de meme que l’élégance classique en général), et qui va, de ce fait, changer.
Amicalement,
LPDE
Mais la mode a toujours existé… La moustache 1850 n’était pas la même que la moustache 1914. Ne faudrait-il pas différencier la "Mode" de la "fashion"?
Oui, c’est vrai, cela evolue. Mais je pense que ce n’etait pas une chose superficielle. J’aime votre distinction entre "mode" et "fashion", elle est à creuser.
Que dire du premier qui a porté la barbe, du premier à se tailler la barbe d’une certaine façon ? Aucun référent culturel ou historique au début.
Etre élégant dans tous les sens du terme c’est aussi accepter la diversité de l’apparence et de la motivation. Souvent on commence sans réflexion pour petit à petit mûrir et gagner en cohérence. Bref souvent quand je vous lis je ne comprends pas vos motivations. L’élégance ets aussi affaire d’étape, d’essais et erreurs, et peu importe la motivation initiale, ce qui compte c’est la progression à terme ! Et là la relation au temps et à la mode peut être variable selon les individus.
Bref je vous trouve parfois un peu trop guindé.
Rien n’est figé dans le temps, tout évolue à différentes échelles : l’individu a une vitesse différente de la masse même s’il se fond souvent en elle pour des tas d’éléments de sa vie et de son apparence. Ne prétendez pas connaîyre toutes les motivations de chacun juste par l’observation d’un effet de mode ! Tout comme un même bulletin dans l’urne peut avoir des motivations très différentes selon l’individu qui le glisse dans l’enveloppe et même si en apparence le choix semble le même.
Décrispez vous !
Bonjour Laurents91,
Je revendique ma "crispation", puisque c’est le mot que vous employez, face à ce qui est superficiel et vulgaire. Je pense avoir vu assez de hipsters pour pouvoir en faire une généralisation (pas absolue, bien entendu, car il est toujours possible de trouver des personnes de bonne intelligence). Je n’ai jamais perçu chez eux un soucis de l’Histoire ou de la connaissance, car ne s’intéressant qu’à l’apparence. Par consequent, point d’essais ni d’étape(s) vers l’élégance, puisque ce n’est pas ce qu’ils visent.
La différence entre autrefois et aujourd’hui, c’est que, jadis, l’absence moyens de communication directs ne permettaient quasimment pas de comportement grégaire. Le mimétisme social etait certes présent, mais l’individu décidait bien plus en fonction de son statut professionnel ou social, ou de sa culture, mais aussi et surtout en fonction de ce qui avantageait son visage. Et ces raisons ne font pas partie des motivations des hipsters.
Amicalement,
LPDE
Je vous cite : "La différence entre autrefois et aujourd’hui, c’est que, jadis, l’absence moyens de communication directs ne permettaient quasimment pas de comportement grégaire."
C’est hélas un peu faux… l’échelle de temps était juste différente, tout était plus lent. Cette différence de vitesse de communication en général est aussi généralisable à celle des publications scientifiques et techniques. Les comportements (et découvertes, par voie de fait) étaient globalement les même, seule la vitesse a changé. Avec quelques effets de bords parfois. Quant à ce que vous appellez élégance c’est aussi une affaire d’esthétique, l’histoire racontée par tout un chacun peut être bien différente de VOTRE interprétation de l’apparence extérieure. Et derrière le phénomène hipster il y a sans doute bien plus que ce que vous semblez voir, ne serait-ce que par le différentiel de vitesse de perception que nous pouvons avoir avec les membres de ce phénomène.
Ce que je veux dire c’est qu’il faut avoir l’ELEGANCE de reconnaître que notre point de vue n’est pas forcément le bon ne serait ce que parce que nos motivations individuelles ne sont pas universelles ni gage de bon goût UNIVERSEL.
A mon sens la principale revendication des hipsters est que les valeurs de STATUT ne sauraient plus exister actuellement : je peux être (ou sembler être) ce que je veux à un instant T, mon apparence peut être parfois choquante, provocante, inadéquat… peu importe, je suis (semble être) une dualité (ou plus) complexe (avec ses incohérences), je n’en ai pas toujours pleinement conscience (mais je suis MOIet encore moins celui qui me regarde avec une superficialité comparable à celle de mon raisonnement apparent ( et basé sur des valeurs qui ne sont pas/plus les miennes) si on daigne faire une mise en miroir de cette confrontation.
Bref tout devient peut être moins résumable et catégorisable facilement. Vous avez rencontré des hispsters que vous semblez croire décérébrés, ce que je vois est différent alors qu’on a peut être vu les même… Mais la différence de perception initiale peut aussi changer notre façon d’être lors du dialogue, ce qui influence aussi la réponse fournie par l’individu en face. En gros si j’apparais braqué, la réponse en face sera toujours la même : ignorance, mépris et pas d’envie d’en dire plus sur soi. Libre à vous d’interpréter comme vous voulez mais l’enjeu ne vaut alors pas la peine de se donner le mal de se justifier.
Ce n’est pas le relativisme culturel qui me dérange, mais les individus (ou groupes sociaux) superficiels. Je considère l’elegance comme la prédominance du fond sur la forme, quelle que soit la culture. Mon blog se concentre seulement sur une incarnation de l’élégance parmi tant d’autres, celle du vêtement classique. J’aime cette incarnation là, mais je ne cherche pas à renier les autres pour autant.
Cependant, nos points de vue sont divergents à propos de l’appréciation des hipsters que je juge superficiels pour de nombreuses raisons, et vous pas, pour de nombreuses raisons aussi, apparemment. Cela ne fait pas de moi quelqu’un à l’esprit étriqué, pas plus que vous d’ailleurs.
Je vous trouve pourtant contradictoire dans votre expression quand il s’agit de fond et de forme, Je trouve que votre analyse de fond manque dans ses formes de recul et c’est ça qui me fait dire que je vous trouve vous aussi superficiel à votre façon. Je dis ça alors que je vous suis sur votre blog depuis quelques temps déjà. Dire que je vous trouve étriqué est beaucoup dire mais la forme de pas mal de vos article l’est à mes yeux.
Salutations cordiales
N’hésitez-pas a me faire part de ces impressions par mail ou ici, je suis toujours preneur de critiques constructives.
Amicalement,
LPDE
Pour ce qui est des moustaches dessinées sur les doigts ainsi que des diverses représentations stylisées, je pense qu’il s’agit tout simplement d’un mème.
Il suffit d’aller sur knowyourmeme.com et d’y rechercher les entrées pour "mustache" pour découvrir le foisonnement viral autour de cet attribut.
Je ne suis pas docteur en mémétique, mais je pense que, pour le coup, vous cherchez le mal (marketing, superficialité, etc.) là oú il n’y a peut être pas de raison de le chercher.
Quant aux hipsters, je pense que cette sous culture du début de notre siècle a été entièrement digérée par le consumérisme. Du coup, s’attaquer aux hipsters d’aujourd’hui, et encore plus en dehors de Manhattan, c’est prendre pour cible de lointains reliquats d’une culture devenue "de masse", donc "mainstream", donc absurde.
Bonjour bonjour,
Les hipsters sont des jeunes. Quand on est jeune, on est pas bien sûr de ses assises, on a besoin de prouver quelque chose au monde, et donc l’approbation du groupe prend une place considérable. Il y aura toujours des jeunes, et du point de vue de ceux qui ont réussi à s’affranchir de ce besoin de reconnaissance – ils sont plus rares qu’on ne voudrait me le faire croire – , leurs comportements, quels qu’ils soient, auront quelque chose d’irritant : c’est toujours irritant quand quelqu’un fait une bonne chose pour de mauvaises raisons.
Pourquoi ne pas se réjouir du fait que pour l’heure, la reconnaissance sociale parmi ce groupe de jeunes va à celui qui aura le mieux su écumer le passé pour y dénicher "le" groupe de musique génial dont personne n’avait entendu parler, "le" détail vestimentaire du passé que personne ne s’était encore approprié ?
Certes cette volonté d’être à tout prix plus "underground" que les autres à quelque chose d’un peu ridicule. En attendant, grâce au travail sans relâche des hipster, j’ai découvert pas mal de choses (groupes, vêtements, et même modes de vies !) qui me plaisent, et comme j’apprécie les choses pour ce qu’elles sont et non parce que "personne d’autre ne les connaît", je pioche allégrement parmi ce qu’ils déterrent et suis positivement ravi de profiter de ces trésors du passé.
Je vois les hipsters un peu comme ma petite ruche d’abeille personnelle, qui va butiner le trop vaste champs du passé pour m’en ramener quelques gouttes de miel. Quel horticulteur se préoccupe de savoir si ses abeilles apprécient les fleurs pour elles-même ?
Et ne vous inquiétez pas trop pour les individus, pour la plupart, ça leur passera avec les années… Evidemment, vous trouverez toujours même parmi les hommes dans la force de l’âge un certain nombre d’énergumènes qui cherchent encore à tout pris l’approbation du groupe, en suivant bien docilement ses règles bien dogmatiques, et vas-y que je me prosterne devant le veau d’or, et mort aux hérétiques qui préfèrent les bas 22 aux bas 18, et vas-y que "un pantalon à pince sans revers, ça "n’existe pas" "…
Petit groupe moderne des "élégants", qui dira tes travers et tes ridicules ? Qui dénoncera tes fanatiques et jettera à terre tes idoles ? Qui viendra éclater d’un rire libérateur devant tant d’affectation ?
Vous voulez l’accord du fond avec la forme, et vous avez raison, le décalage entre de grands vêtements et une toute petite personnalité, c’est le ridicule assuré.
Je rejoins Laurent, qui disait qu’une part de l’élégance de caractère c’était de laisser vivre en paix ceux qui pensent différemment.
Laissez donc prêcher les apôtres du cool, ils sont bien loin d’être aussi nuisibles que la masse consumériste. Contentons nous de rire tendrement les uns des autres, d’un rire qui n’a pour but que d’effacer nos ridicules respectifs.