Cette semaine, je vous propose une mise informelle qui s’intègrera à ravir dans un environnement urbain, ou sur un campus d’école -que vous soyez élève ou professeur.
Le caractère plutôt décontracté de cette mise nous est renseigné par plusieurs points. Tout d’abord, le pantalon et la veste sont dépareillés. Ce premier est en flanelle : porté sans veste correspondante, il sera informel, à l’instar de celui-ci. Ceci est accentué par le revers. En revanche, un complet de flanelle sera un business suit comme les autres, dont le port sera réservé aux frimas de l’hiver. La veste, quant à elle, est très intéressante car déstructurée : en effet, les épaules, montées selon la méthode dite spalla camicia, ne comportent aucun padding, et le plastron semble bien peu rigide, ce qui confère un caractère là aussi informel, renforcé par des poches latérales plaquées. Enfin, des Tassel Loafers de couleur burgundy viennent compléter la tenue. Ils conviennent particulièrement à une mise de style Ivy –ce type de mocassins a été inventé par l’entreprise américaine Alden dans les années 1950, et est devenu très populaire au sein des universités de la Ivy League. Il ne manque plus qu’une Rep tie pour que cette mise soit entièrement de style Ivy.
Je reste cependant sceptique quant à trois détails. Il s’agit premièrement de l’absence de pochette. Sans cette dernière, une veste est telle, pour paraphraser un célèbre gaulois, un bon repas sans fromage : triste et sans relief. Une belle pochette de soie à motifs cachemire aurait été du plus bel effet. Deuxièmement, si j’admire la maîtrise des proportions au niveau du bas du pantalon et des revers, je trouve les manches de la veste –et, par extension, celles de la chemise- bien trop longue. A la fois question d’harmonie et de praticité, il me semble qu’une manche de chemise s’arrêtant à l’os du poignet, et la manche de la veste un centimètre au dessus, sont préférables. Enfin, là aussi question de goût, un double-nœud de cravate aurait peut-être été préférable à un nœud simple, afin de mieux épouser le col italien tout en restant informel grâce à l’asymétrie.
En revanche, j’apprécie particulièrement les lunettes. Je suis adepte des formes semi-rondes : j’avais présenté il y a quelques temps une paire de lunettes de soleil comportant cette caractéristique. J’apprécie également les pinces du pantalon, ce qui est de plus en plus rare ; et, comme mentionné plus haut, la veste déstructurée.
Cette mise permet au final d’avoir un bon exemple de sobriété au niveau des couleurs et des motifs, tout en étant informel.
Je vous souhaite un très bon week-end.

Pour moi, le pantalon ne monte pas assez haut et la cravate descend trop bas.
Je reste dubitatif sur le choix du gris (veste) pour une tenue disons "décontractée".
N’étaient les poches plaquées, on pourrait croire que ce monsieur "finit" un veston de costume (pléonasme !) avec un pantalon dépareillé.
Joyeuses Pâques !
la photo ne proviendrait elle pas du site "the italian cut"?
si oui, il y a également la photo de m. modenese qui mérite probablement une attention toute particulière pour illustrer vos inspirations.
trés cordialement.
franck
Bonjour Franck,
J’ai récupéré cette photo chez The Sartorialist (Scott Schuman) il y a quelques années.
Je trouve en effet M. Modenese très élégant, quelles que soient les photos d’ailleurs. On peut également le voir dans le film (et dans sa bande-annonce) O’Mast.
Amicalement,
LPDE
Bonsoir
Ah! La longueur d une manche de chemise…Quel sujet a polemique
Sauf pour les puriste qui, de fait, n en demordent pas: oui, elle doit s arreter
A l os du poignet
Personnellement, j ai de fait une chemise dont les manches sont ainsi arretees et des lors que je porte la dite chemise, je passe ma jouneee a ne regarder que ca, a ne penser qu a ca !
Je m explique: je tappe sur le clavier de l ordinateur, je conduiq, je leve les bras et…. Les manches remontant legitimement, j ai l impression d avoir un feu de plancher au niveau du poignet!
Lol
Ma mere avait une technique pour apprecier la bonne longueur d une manche: on repliait le bras et on voyait ou le bras de chemise devait alors s arreter
Votre avis?
Autre sujet: connaissez vous technobohemian by John Malkovitch?
Votre avis?
Enfin, dans un Express style special homme de mars, ai lu un sujet sur la griffe desomais elargie Berluti ou A sartori evoque entre autres gages de qualite des boutonnieres montees a la main en sicile, des details de poches interieures en antilope etc, jusqu a ces etiquettes en cuir lavable patinees a la main
Signe de vrai luxe ou plus simplement de details qui frolent le ridicule ?
Bon WE pascal
Bonjour BG,
Merci pour votre commentaire.
Je ne connaissais pas Technobohemian by John Malkovitch. Je suis allé rendre une petite visite à son site internet : je n’ai pas du tout aimé ses créations. D’une part car l’esthétique ne me plaît pas ; d’autre part car M. Malkovitch ne semble produire que des atours de "mode". En effet, il dit lui-même prendre ses inspirations dans la rue ou dans des costumes de film. Point de référence aux règles sartoriales, qu’il faut au moins maîtriser en tant que fondamentaux.
Quant aux petits détails introduits dans les collections prêt-à-porter de Berluti, ce sont à mon avis des détails imaginés par des designers et des équipes de communication. Je pense que les caractéristiques d’un vêtement ne sont justifiables qu’au regard de leur utilité présente ou passée.
Joyeuses Pâques à vous aussi.
LPDE
Pour répondre à BG – que j’ai l’occasion de lire sur d’autres blog – la technique consistant à plier le bras pour obtenir la longueur des manches est insatisfaisante. Tout autant que l’est celle qui consiste à prendre les mesures le long du corps. Ces méthodes le seraient si nous passions l’essentiel de notre temps les bras tendus, ou au contraire, les bras pliés en angle droit. Ce n’est pas le cas. Monsieur Lucca, homme très sympathique et chemisier de son état, m’a appris que le secret ne s’écrit pas en termes de longueur de manche, mais en termes d’emmanchure. C’est le décalage de couture au niveau de l’aisselle qui permettra d’éviter que la manche ne remonte trop.
Ensuite, il sera aisé d’adopter une largeur de poignet légèrement étroite, et une longueur de manche la faisant aller très légèrement en deçà de l’os du poignet, de manière à ce que la manche demeure à l’os du poignet les bras tendus, ne remonte pas trop en position bras en angle en droit, et lorsqu’elle le fait malgré tout, remonter, ne le fasse pas trop.
C’est bien plus simple à mettre en oeuvre qu’à expliquer bien heureusement. Ça assure confort et élégance. Qui ne sont pas antinomiques, même chez les puristes. Surtout chez les puristes même.
Peut-être une simple observation pour conclure. Très humblement. Il existe de nombreux sites sur internet qui expliquent aux heureux propriétaires de clavier qwerty comment assurer à leurs écrits l’élégance avec laquelle ils vêtissent habituellement.
Je remercie l’auteur de ce blog, car c’est une bien jolie photo quoi qu’il en soit. Je ne trouve pas cet homme particulièrement élégant ; ses manches sont trop longues, sa veste n’est pas assez cintrée, son noeud n’est pas très esthétique. Mais je trouve qu’au delà, et c’est cela l’essentiel, selon moi, les couleurs sont belles, cet homme a l’air heureux dans ses vêtements, et cela me le rend sympathique, élégant, au delà de ses vêtements.
Bien à vous,
G.
Et votre avis cher Maitre quant a la bonne longueur d une manche de chemise?
Merci
Vous me faites rougir !
Une manche de chemise s’arrêtant à l’os du poignet me semble être parfait.
Amicalement,
LPDE
Oh !
Est-ce un "vrai" élégant ?
Il sourit sans calculer si les commissures de ses lèvres ont la longueur sartoriale requise.
Je ne suis pas fou de cette mise. Veste trop longue et trop peu cintrée, manches trop longues, cravate un peu trop longue, noeud de cravate trop petit, pas de pochette, pantalon trop court (surtout avec cette largeur), couleurs ennuyeuses et néanmoins trop nombreuses (bleu ciel, bleu marine, gris clair, anthracite et marron en même temps ?). Et ces épaules napolitaines, franchement, ce n’est pas très joli.
Je suis de votre avis
Je n aime pas les epaules napolitaines, esthetiquement parlant
Mais je pense qu elles sont a privilegier chez les hommes qui naturellement
Ont une allure de demenageurs
Sinon, elles avachissent le haut de silhouette
Idem pour le noeu de cravate, ai eu une discussion sur le sujet sur un autre blog: avec ce type de col, un windsor reste de mise, a mes yeux, bien sur…
Moi c’est surtout la maroquinerie marron qui me chiffonne… Voila une tenue tout de même plus ou moins d’hiver avec des chaussures et couleurs d’été… Et puis désolé, les mocassins bateaux n’ont pour moi aucune place sur la terre ferme, et surtout pas dans une tenue de ville. No brown in town, qui pour moi se traduit par pas de marron dans une tenue un tant soit peu formelle hors de l’été. Préjudice, quand tu nous tiens…
Mais bon, ce monsieur est manifestement italien donc la regle susdite ne s’applique pas vraiment. Et puis, il sera tout de même mieux habillé qu’un professeur de 40 ou 50 ans qui s’habille chez Gap ou Superdry pour faire jeune…
Bonjour Wouarnud,
Merci pour votre commentaire.
La moaroquinerie marron ne me choque pas du tout, sachant que je ne reserve le port de souliers noirs qu’aux évènements importants, formels, ou aux enterrements.
Les mocassins ne sont par contre pas des chaussures bateaux. Mais je suis d’accord à propos de votre constat les concernant.
Amicalement,
LPDE